Ce dimanche à 05h57, la gare Saint-Charles à Marseille sera le théâtre d’un tournant historique pour le ferroviaire français : un premier TER privé, opéré par Transdev, va circuler sur une ligne régionale jusqu’ici exploitée par la SNCF. Une première concrète dans le processus d’ouverture à la concurrence lancé en 2018 par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Transdev, groupe franco-allemand, prend ainsi officiellement les commandes de la ligne Marseille-Toulon-Nice, avec la promesse de 14 allers-retours quotidiens, dont deux supplémentaires le week-end. « Un train toutes les heures », promet son président Claude Steinmetz, grâce à une organisation locale renforcée et un matériel roulant flambant neuf signé Alstom.
Une offre doublée et des trains neufs
La nouvelle offre représentera un doublement du service actuellement proposé par la SNCF. Neuf gares seront desservies sur ce tronçon stratégique, qui pèse à lui seul 10 % du trafic régional. Et tout cela, selon Transdev, « à coût constant », précise Thierry Mallet, PDG du groupe, qui assure que la performance ne pèsera pas plus lourd sur les finances publiques.
Renaud Muselier, président de la région, rappelle le contexte ayant mené à cette bascule : « Nous avions ici le plus mauvais service ferroviaire français », avec 20 % de retards, 10 % de suppressions et un taux de fraude élevé. Dès 2018, la région avait lancé un appel à manifestation d’intérêt, préfigurant la mise en concurrence. Transdev en est sorti vainqueur en 2021, aux côtés de Sud Azur, une filiale SNCF chargée des lignes azuréennes autour de Nice.
Objectif performance et flexibilité
Transdev s’est engagé sur un taux de régularité ambitieux de 97,5 %, bien au-dessus des performances passées. Son contrat, estimé à 800 millions d’euros sur dix ans, prévoit d’ailleurs des pénalités en cas de manquement. Pour atteindre ces objectifs, l’entreprise s’appuie sur un modèle organisationnel qu’elle a déjà appliqué en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède et en Nouvelle-Zélande : des équipes locales dédiées, flexibles et autonomes.
Sur la ligne Marseille-Nice, ce sont 214 collaborateurs qui seront mobilisés, ainsi qu’un centre de maintenance flambant neuf à Nice. La polyvalence des agents, capables d’assurer aussi bien la maintenance que la conduite, est également mise en avant comme facteur de réactivité.
Une transition vivement contestée
Du côté des syndicats, cette première opération privée est loin de faire l’unanimité. À la veille de l’inauguration officielle prévue lundi à 14h15, des mouvements de grève et des rassemblements sont annoncés à Marseille. Les représentants des cheminots dénoncent ce qu’ils considèrent comme une privatisation masquée.
« Si la SNCF avait remporté le marché, elle aurait aussi eu les rames neuves et assuré les 14 allers-retours quotidiens », s’indigne Fabrice Lacombe, secrétaire régional de SUD-Rail. Pour lui, Transdev bénéficie d’un financement public massif – près d’un milliard d’euros sur dix ans – sans contribuer au budget de l’État.
François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca, pointe les limites concrètes du dispositif. Selon lui, Transdev, qui n’a pour l’instant reçu que la moitié des 16 trains commandés à Alstom, est contraint de louer des rames à la SNCF dans d’autres régions pour assurer le service prévu.
Alstom a confirmé avoir livré une neuvième rame cette semaine, précisant que 11 rames seront livrées d’ici fin juillet, et les 16 promises à l’automne, comme prévu dans le contrat signé en octobre 2024.
Une ligne toujours en attente de rénovation
Malgré l’arrivée d’un nouvel opérateur, les infrastructures restent les mêmes. « Le réseau est dans la même situation depuis des années, et cette ligne-là n’a pas été rénovée », rappelle François Tejedor, qui doute de la capacité de Transdev à absorber la hausse du trafic. D’autant que les lignes Azur ont déjà connu un afflux de passagers, sans parler des TGV qui circulent aussi entre Marseille et Nice.
Avec AFP





Pauvre CGT , voila un syndicat qui est resté 60 ans en arrière ‚pas capable de prendre la mesure du temps et d’évoluer . Sa me rappelle les dinosaures , la CGT elle aussi va disparaitre ..Mdrrrr
Bien, bien, bien !
Moi , ça me fait bien rigoler, messieurs les syndicalistes qui crie a la privatisation, ne pleurez pas messieurs, on appelle ça la mondialisation, celle que vous pronez tant !
Je suis agriculteur, et ça fait des décennies que nous la subissons, moi , mes parents, mes grands parents…
Et maintenant que ça vous arrive dans la gueul vous osez vous plaindre ? Vous êtes pas content ! Vous devriez vous réjouir, il faut partager dans la vie comme vous dîtes si souvent !
Je ri , mais je ri !!!