Une deuxième journée de grève des contrôleurs aériens a causé l’annulation de plus de 1.100 vols vendredi en France, perturbant le début des vacances d’été.
Alors que les premiers départs estivaux débutaient, les voyageurs ont été confrontés à une pagaille généralisée dans les aéroports français. La grève des contrôleurs aériens, initiée par deux syndicats minoritaires, a entraîné l’annulation de 1.125 vols vendredi, notamment à Paris et à Nice, selon la direction générale de l’Aviation civile (DGAC).
Ce mouvement social faisait suite à une première journée de perturbations jeudi, qui avait déjà affecté plusieurs centaines de milliers de passagers à travers la France et l’Europe. Les syndicats dénoncent des conditions de travail dégradées et un manque d’effectifs. Les préavis de grève prenant fin vendredi soir, aucune perturbation n’est prévue samedi.
Fatigue, colère et résignation
Dans les aéroports, les voyageurs jonglent entre retards, annulations et solutions de secours. Hugo Alvarez, de retour d’une mission humanitaire en Afghanistan, a vu son vol vers Paris reporté. « C’est pénible, je suis bien épuisé après trois semaines de mission en Afghanistan, ma femme et ma fille m’attendaient de pied ferme aujourd’hui », a-t-il confié à l’AFP. « Après il n’y a pas mort d’hommes, je soutiens les grèves de manière générale ».
À Orly, Sabrina Taristas, 42 ans, tentait de partir pour Toulouse. « Si je reste jusqu’à dimanche pour un départ, est-ce qu’il y aura un hôtel de prévu ? Ou est-ce que tout sera à ma charge ? (…) On ne peut pas aller à l’encontre de la grève, mais après c’est vrai que c’est pénalisant pour nous les voyageurs », a-t-elle déclaré.
Annulations en chaîne et effets domino
Vendredi, la DGAC a comptabilisé 1.125 vols annulés, après 933 la veille. À l’aéroport de Nice, deuxième hub d’affaires européen, la moitié des vols commerciaux ont été supprimés, soit près de 220 liaisons, en plus de la quasi-totalité des vols en jet privé.
À Paris, Lara, 30 ans, devait rejoindre Berlin avec son conjoint. « Le vol était prévu jeudi soir, mais nous avons été informés mercredi qu’il avait été annulé. Nous avions pu prendre un autre billet gratuitement, pour vendredi soir, mais il a été supprimé à son tour », a-t-elle expliqué. « Il a fallu prendre en urgence des billets de train. Résultat, un surcoût de 100 euros et plusieurs heures de trajet en plus », ajoute-t-elle.
Hôtels désertés, casse-tête logistique
Les conséquences ne se limitent pas aux terminaux aéroportuaires. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) a observé une vague d’annulations de nuitées, en particulier à Paris et à Nice. « C’est un peu la panique entre ceux qui arrivent et ceux qui partent, les compagnies aériennes cherchent à reloger leurs clients, c’est compliqué à gérer et ça va leur coûter cher », a souligné Véronique Siegel, responsable hôtellerie à l’Umih.
La principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E), estime que près de 1.500 vols ont été annulés sur le continent entre jeudi et vendredi, affectant environ 300.000 passagers.
Le conflit divise jusqu’au sommet de l’État
La contestation intervient dans un contexte tendu. Une réforme visant à instaurer un pointage à la prise de poste des contrôleurs est actuellement à l’étude. Elle fait suite à un incident survenu fin 2022 à Bordeaux, où deux avions avaient frôlé la collision. L’enquête avait mis en cause une organisation interne déficiente, hors cadre légal et sans respect des tableaux de service.
L’Unsa-Icna (17 % des voix aux dernières élections professionnelles) est à l’initiative de la grève, rejointe par l’Usac-CGT (16 %). Parmi leurs revendications : « un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l’été », des équipements jugés obsolètes et « un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés ». Le syndicat majoritaire, le SNCTA (60 %), ne s’est pas associé au mouvement.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, n’a pas caché son agacement. « Il faut se rendre compte qu’hier et aujourd’hui, 272 personnes dans notre pays vont impacter le bien-être de plus de 500.000 personnes. C’est inacceptable », a-t-il déclaré sur CNews vendredi.
De son côté, l’Union des aéroports français a dénoncé une « stratégie de blocage systématique, qui sacrifie l’intérêt général sur l’autel de revendications difficilement justifiables ».
Avec AFP



Annulation de vols encore samedi soir, sans solutions.…si, aller en voiture j
usqu’à Milan pour faire Milan Athènes à nos frais..
Retour Athènes Nice réservé le samedi suivant. Mais…la voiture étant à Milan, il nous faut acheter des billets Athènes Milan, pour aller la récupérer.
Vacances = repos, tranquillité etc