La mairie suggère à l’hôpital public et la Fondation Lenval de s’entendre sur un nouveau partenariat, histoire de régler leur conflit, d’apaiser un dialogue social sinistré, et surtout de protéger la qualité de la pédiatrie niçoise. Mais la Ville entend rappeler qu’elle ne compte adopter qu’un rôle d’arbitre, « sans ingérence ».
Cela fait plusieurs mois que l’avenir de la Fondation Lenval suscite doutes, craintes et mouvements sociaux. L’hôpital des enfants, de tout temps indépendant, accuse le CHU de ne pas respecter certains des accords signés depuis des années, au risque d’empiéter sur ses compétences, tandis que des sujets financiers crispent encore davantage les relations entre les deux institutions.
Crise à Lenval : les trois députés UDR de Nice accusent la municipalité de ne pas défendre l’indépendance et l’intégrité de l’institution, au détriment de « l’intérêt des patients et de l’équilibre du système de soins »#Nice06 @eciotti @Udr_06
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Vendredi, Eric Ciotti (UDR) et plusieurs autres députés signaient une tribune dans Nice-Presse, s’alarmant d’une possible disparition de Lenval. Mise en cause, la Ville - dont le maire, Christian Estrosi, est président du conseil de surveillance du CHU - a souhaité réagir. 5 questions au docteur Richard Chemla, son adjoint chargé de la santé.

Les grèves des personnels de Lenval se sont multipliées ces dernières semaines. Des informations qui vous remontent, faut-il s’attendre à une rentrée tendue ?
Je suis plutôt optimiste. Le grand professionnalisme des différentes équipes limite l’impact ressenti sur les patients. Christian Estrosi a demandé et obtenu l’ouverture d’une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales, pour y voir plus clair.
Il y a des débats à mener. Pour le même travail, le personnel ne dispose pas des mêmes avantages sociaux. Cela dysfonctionne et crée des tensions, d’autant que la direction de Lenval est un peu rigide. Plus globalement, les soins pédiatriques ne sont pas rentables : Lenval va dans le mur si certains d’entre eux (en chirurgie notamment) ne sont pas assumés par le CHU. La logique, c’est d’être complémentaires, et non unitaires. Mais ça, ce n’est qu’une proposition de notre part, pas davantage.
Je veux souligner une chose : ce dialogue doit impliquer les acteurs concernés au premier chef, sans récupération. J’ai lu certains prendre position et faire de la « politique bling bling » : cela revient à prendre en otage des enfants et c’est inacceptable.
La pédiatrie niçoise, c’est le CHU et Lenval (où les urgences doivent subsister), pas l’un ou l’autre.
Lenval a une histoire, et un statut particulier. La mairie compte-t-elle toujours soutenir son indépendance, ou appelle-t-elle à une fusion avec les services du CHU ?
Lenval est décisionnaire d’un certain nombre de choses, le CHU et l’Agence régionale de santé aussi. La municipalité n’a pas la main, mais nous sommes mobilisés pour apaiser les choses. Le contexte est relativement grave : les internes en pédiatrie, les chefs de clinique ne viennent plus à Nice à cause de tout cela.
Le projet de construction d’une « cité des santés » porté par Christian Estrosi fait craindre à ses opposants un déménagement de Lenval dans la Plaine du Var. Est-ce votre projet ?
Eric Ciotti agite des craintes au sujet d’une idée dont il n’a rien compris.
En tant qu’écologiste, je ne dis pas que je partage tout mais le fait est que notre ville se développe à l’ouest. La « cité des santés » promet de regrouper les services de stérilisation, la buanderie centrale, les habits, les parkings, le chauffage, l’alimentation. Ce sera une zone qui mélangera les services généraux.
Charge à Lenval et au CHU - pas à nous - de réfléchir à leur niveau de dilution. Le pôle santé de l’ouest serait le pendant de Pasteur 2. Ce qui va y migrer, par exemple, c’est une partie de l’Archet, qui est dans un état architectural catastrophique, pour respecter certaines normes. Lenval manque aussi de place, c’est l’occasion ou jamais de créer de beaux services de pédiatrie, en ouvrant des portes avec le CHU. On pourrait y voir toute la chirurgie réglée, pédiatrique, toute l’hématologie, les greffes de reins pour les enfants, etc. Mais ce n’est pas à nous de le décider.
Craignez-vous une disparition de cet hôpital ?
J’espère que non. Je n’ai pas un accès précis aux comptes de Lenval, et s’il venait à y avoir des difficultés sévères, la Ville n’aurait pas vocation à régler cela, ça ne serait pas de son fait. Par exemple, si demain Nice-Presse tombait en faillite, la mairie ne vous aiderait pas, parce que ce n’est pas son rôle. Ce que je peux assurer, c’est que nous sommes présents en soutien, à l’écoute pour trouver des solutions. L’une de nos priorités, c’est la situation des personnels et de l’emploi.
Manifestement, un problème de règlement de factures crispe la situation. La Ville pourrait-elle avoir un rôle d’arbitre, pour trouver des solutions rapidement ?
Comme dans un divorce, l’intérêt de tous et de se retrouver et de s’exprimer calmement, pour faire table rase. La mairie reste à sa place, sans ingérence. L’accord de 2013 - portant sur un partenariat entre Lenval et le CHU pour ce qui est de la pédiatrie - n’est pas le bon. Il faut trouver d’autres pistes pour sortir de tout cela par le haut.



Il a dit le divorce. Le divorce de qui ? On parle des choses qui ne sont pas dites. Pourquoi il a dit qu’il n’a pas ‘accès précis aux registres’ des sous de Lenval ? Pour dire qu’il voit ces registres ? Il dit que ce n’est pas à la Ville de dire cela, ça, ceci, pourquoi ? J’avais un pote qui disait que ce n’était pas à lui de dire qui allait mettre les doigts dans le cambouis quand on pose la question à lui, pour dire que c’était à lui de dire cela, qu’ils ont à voir qui dit aux autres ce qu’il dit lui.