Bien avant les ponts et les routes modernes, la vie à Saint-Laurent-du-Var dépendait du fleuve. Pour le traverser, il fallait s’en remettre aux « gueyeurs », ces hommes robustes qui guidaient voyageurs et marchandises, à pied ou à dos de mulet !
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Pendant des siècles, le Var n’était pas seulement une frontière naturelle : c’était aussi une barrière difficile à franchir. Large, capricieux et dangereux lors des crues, il coupait la route entre Provence et Comté de Nice.
« La traversée du fleuve se faisait grâce aux gueyeurs, qui guidaient les passants dans les gués, là où l’eau était la moins profonde » explique Laetitia Berthoin, responsable du service archives et patrimoine culturel de la ville.
Ces hommes connaissaient chaque recoin du fleuve, ses courants, ses passages praticables. Leur rôle était vital : sans eux, pas de commerce, pas de communication entre les deux rives.
Métier organisé et réglementé
Les gueyeurs ne travaillaient pas seuls. Leur activité était encadrée par des règles strictes. Les passagers payaient un droit de passage, sauf les pèlerins et les plus pauvres, exemptés par tradition et charité chrétienne.

« C’est l’hospice attenant à l’église Saint-Laurent qui gérait ce service au Moyen Âge, en mettant à disposition une barque et des chambres pour les voyageurs » précise l’archiviste.
Avec leurs mulets, les gueyeurs transportaient aussi les marchandises : sacs de blé, tonneaux de vin, outils agricoles. En échange, ils percevaient une redevance.
Tradition disparue… mais toujours célébrée
Ce métier ancestral disparaît au XIXᵉ siècle avec la construction des premiers ponts sur le Var et l’amélioration des voies de communication. Mais la mémoire des gueyeurs reste vivante à Saint-Laurent-du-Var.

Chaque année, la fête dédiée rassemble habitants et visiteurs sur la place Castillon, au pied de l’église. Défilés, reconstitutions et dégustations rappellent cette époque.
« Les gueyeurs sont une part de notre identité locale » insiste Laetitia Berthoin. « Ils symbolisent le lien entre le village, le fleuve et les échanges. Sans eux, Saint-Laurent-du-Var n’aurait pas connu le même destin. »






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