Jean-Marie Debaisieux, subdélégué aux commerces et à l’artisanat dans l’équipe d’Éric Ciotti, brosse dans Nice-Presse sa feuille de route. Et répond aux préoccupations des acteurs de l’économie locale : plan de sécurité renforcé, refonte de la charte des magasins, ouverture d’une vraie « Maison des commerçants », soutien étendu aux associations de professionnels… Interview.
Quels sont les dossiers chauds sur lesquels vous travaillez en priorité ?
Il y avait un souci de stationnement depuis longtemps. Mon collègue Laurent Merengone a confirmé le passage de une seule à deux heures de stationnement gratuit d’ici à la fin de l’année. Immédiatement après son élection, le maire Éric Ciotti a annoncé une tolérance avant verbalisation, pour mettre fin au matraquage.

La sécurité, avec la flambée récente des vols à l’étalage (un vrai problème de société), est un dossier majeur. La première adjointe Françoise Souliman y est très attentive : je vous annonce que la brigade dédiée au sein de la police municipale sera maintenue, dans le cadre du VigiCommerce, et qu’elle sera même renforcée. L’information des enseignes pour se procurer des boutons SOS va être largement confortée. Nous aurons une vigilance de tous les instants contre la délinquance et les filières des vols crapuleux. Mais la réorganisation de la « PM » fait déjà reculer le sentiment d’insécurité.
La forte hausse des loyers étrangle certains indépendants. La précédente municipalité avait promis de frapper au portefeuille les propriétaires qui retirent leurs biens du marché. Le ferez-vous ?
Le dispositif que vous évoquez avait été annoncé par Christian Estrosi en novembre 2025 mais il ne s’était pas traduit concrètement par une délibération en conseil municipal. Il faut agir contre la spéculation, certes, mais la sanction n’est qu’une dernière étape. Notre vision des choses, notre priorité, c’est l’accompagnement. Les bailleurs doivent pouvoir être mieux informés, davantage soutenus pour replacer ces biens sur le marché et éviter la vacance. Pour ce qui est de la hausse des loyers, elle traduit aussi l’attractivité de nos quartiers.
Comment comptez-vous « aider davantage » les professionnels ?
Avec Pierre Ippolito (le 4ème adjoint, délégué aux entreprises et au développement économique), nous présenterons dans quelques jours un plan complet. La précédente équipe avait ouvert un site au 45 rue Gioffredo, mais il manquait d’outils. Nous proposerons dans le quartier du Voeu une véritable « Maison des commerçants », proche d’un guichet unique, où ils pourront être renseignés par la Direction municipale sur l’ensemble des sujets pratiques. Les associations de pros y auront toute leur place. L’idée est d’avoir un lieu d’échanges et de rencontres.

Certaines associations niçoises attendent des aides financières, en auront-elles ?
La Ville va renforcer son soutien aux collectifs ainsi qu’à la Fédération (la FCNA). Éric Ciotti évoquait lors de la campagne le principe de « managers du commerce ». Ce qu’il nous faut, ce sont des relais partout à Nice. Redynamiser les assos dites « dormantes », fournir des réponses concrètes à celles qui sont force de proposition. Un réseau fort et doté d’outils pourra mieux orienter les gérants vers les dispositifs qui existent déjà sans qu’on le sache forcément. Le secteur évolue en permanence : il faut se parler. On veut voir des « centres commerciaux à ciel ouvert » dans les quartiers, où les magasins échangent et s’entraident.
On entend que l’identité locale ne serait pas respectée par les nouveaux arrivants, et l’activité tirée vers le bas, à cause de l’ouverture de boutiques low cost, de barbers, de fast-foods. Que comptez-vous faire ?
La municipalité peut préempter, elle le fait beaucoup et cela va continuer, quand il y a un vrai sujet. Mais il y a le principe d’équité, celui de la liberté, et il ne faut pas non plus se retrouver avec des locaux vides. Notre boulot, c’est de faire respecter à chacun des règles élémentaires qui ne le sont pas toujours… Je vous garantis que les contrôles de l’hygiène seront très soutenus, notamment.
Nous devons être plus exigeants pour ce qui est de la qualité visuelle des devantures, c’est sûr. Une charte existe, mais nous allons la… retravailler.
Quels retours avez-vous du terrain au sujet de la saison estivale 2026 ?
Je ne vais pas vous dire que le contexte est génial. La situation internationale fera que nous aurons peut-être un peu moins de touristes venus de loin, mais sans doute bien davantage de régionaux et de Français d’autres territoires qui ne quitteront pas le pays cette année. Nice est une destination incroyable, ça, tout le monde le sait. Localement, les voyants sont au vert. Nous sommes confiants, et prêts à accueillir au mieux les (nombreux) visiteurs.





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