Municipales 2026. L’une des listes de gauche estime que l’actuelle municipalité transige avec les principes laïcs en affichant un soutien trop marqué au christianisme. La France insoumise locale et « Viva !» prennent quatre engagements pour couper, notamment, ce cordon qu’ils dénoncent.
Le « Nice Front Populaire » juge que la mairie s’est bien éloignée des principes laïcs ces dernières années. Lundi 8 décembre, la liste de la France insoumise alliée à plusieurs organisations citoyennes telles que le collectif « Viva !» dévoilait une série d’engagements pour garantir « vivre ensemble » et « vraie neutralité du service public ».
Plusieurs décisions de Christian Estrosi passent mal auprès de la gauche. C’est le cas du « financement de statues représentant des personnalités canonisées : Jean Paul II ou Jeanne d’Arc ». Ces commandes figurent au chapitre « non financement du culte ». Traduction, il ne faut pas s’attendre à voir d’autres effigies de culture chrétienne (ou religieuses au sens large) être installées à Nice si la formation menée par l’avocate Mireille Damiano remportait le scrutin de mars prochain.

Un point étonnant du communiqué, le texte commence par cette mention : « les actes antisémites et les actes islamophobes se multiplient », sans mentionner nulle part les violences anti-chrétiens, qui se maintiennent à un niveau très inquiétant, avec d’ailleurs de nombreux faits divers récents dans les Alpes-Maritimes. Le « NFP » souhaite tout de même un « dialogue ouvert et constructif avec les différentes autorités religieuses ».
Certains rendez-vous traditionnels ne sont pas menacés en tant que tels, mais pourraient ne plus voir d’élus communaux y assister, ou y prendre la parole.
« Chaque année au mois de mai, Christian Estrosi se rend, en sa qualité de maire, à l’église du Vœu et renouvelle le vœu de la Ville de Nice en répétant ces termes : ‘Moi, successeur des consuls de Nice, au nom du conseil municipal et du peuple de Nice, renouvelle ce vœu et confie les destinées de la ville à Notre Dame des Grâces’, ce qui est contraire au principe de laïcité » tacle encore le NFP.
Qui s’agace aussi de « la présence des élus dans des cérémonies religieuses ». Les conseillers municipaux peuvent y aller, mais quand ils le font au titre de leurs fonctions, la neutralité est de mise pour ce qui est de leur attitude. Un principe de jurisprudence constante, pas toujours appliqué à la lettre.
« On ne va pas se défendre d’avoir envie de croire »
Enfin, la liste LFI-Viva évoque une municipalité qui ne doit plus être liée aux principes chrétiens, contrairement à, pense-t-elle, l’actuelle administration Estrosi.
« Christian Estrosi déclarait, en 2013, que ‘l’islam et la démocratie n’étaient pas compatibles’. Éric Ciotti, souhaitait inscrire, en 2016, les ‘racines chrétiennes’ de la France dans la Constitution. Alors que la laïcité est très souvent instrumentalisée à des fins islamophobes, nous nous engageons à ne pas la détourner de son objet (…) au profit d’une neutralité des pouvoirs publics locaux en matière religieuse ».
Le maire à coeur ouvert : les confessions de Christian Estrosi aux Niçois
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) August 31, 2025
🧶 2/4. @cestrosi : « La foi catholique accompagne chaque jour l’homme et le maire que je suis »
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Nice-Presse avait échangé avec le maire à la rentrée sur la question de la spiritualité. Christian Estrosi s’était livré sur « une foi qui occupe une place centrale » dans sa vie. « Je suis catholique, mais j’ai toujours été très ouvert aux autres cultes. (…) Dans une société comme la nôtre, la quête du bien est absolument essentielle. (…) Aujourd’hui, tout ceci m’accompagne au quotidien ».
Plus tard, en octobre, alors que le soutien public accordé à un festival culturellement chrétien était dénoncé par les écologistes, il n’avait pas non plus caché ses convictions : « On ne va pas se défendre d’avoir envie de croire non plus. Moi, j’ai 10.000 raisons de croire !»



Ce parti est une honte pour la France et son Histoire.