Municipales 2026 - Pour l’union de la gauche, cette fois-ci, c’est niet. Elle ne se retirera pas au titre d’un « barrage républicain ». Fermement opposées à cette décision, quelques personnalités écolos appellent à voter pour le maire sortant, Christian Estrosi (LR-Horizons), distancé au premier tour par Éric Ciotti (UDR-RN).
C’est une photo pour le moins inattendue. Depuis des années, l’élu écologiste Fabrice Decoupigny ferraille contre la municipalité Estrosi. À cor et à cri même, entre vifs affrontements verbaux et suspensions de séance en conseil communal. Ce spécialiste du développement urbain comptait dans le groupe Vert de Juliette Chesnel-Le Roux, à la Ville comme à la Métropole. Mais il ne votera pas pour elle dimanche. Raison pour laquelle il s’affichait avec le maire en fin de semaine.

Et il l’explique lui-même à France 3. Le fait que l’union de la gauche ne se soit pas retirée dans l’entre-deux-tours « pour faire barrage à un RN » donné grand favori de la municipale niçoise ? Une décision « irresponsable » bombarde-t-il. « Le meilleur candidat face à l’extrême droite, c’est Christian Estrosi, qui reste un adversaire politique respectable ».
Sur le même cliché, Jean-Laurent Félizia. Là aussi, un soutien venu des progressistes. En 2021, il menait l’union de la gauche pour les élections régionales. « Nous nous étions retirés après le premier tour pour barrer la route du RN. C’est une affaire de principe. On peut s’opposer sur des projets mais pas sur des valeurs » explique-t-il àNice-Presse.
« Peut-être qu’à Nice la liste se maintient pour avoir des places. Je ne sais pas, je ne jette pas la pierre. Mais je m’opposerai toujours à ceux qui votent contre les subventions aux associations solidaires, qui s’opposent à l’IVG, qui ne se dressent pas contre l’homophobie. La droite conservatrice d’Estrosi, je ne la soutiens pas. Mais elle, elle n’est pas un danger pour une ville comme Nice ».
Alors pourquoi son compagnon de route Jean-Marc Governatori a-t-il carrément fait le choix de rejoindre la liste d’Éric Ciotti avec son mouvement, « l’Écologie au centre » ? « J’ai toujours eu des suspicions sur cet homme-là. Pour son égo démesuré, il est prêt au déshonneur » condamne encore Jean-Laurent Félizia.
« Un tapis rouge devant Ciotti »
Xavier Garcia a longtemps cheminé avec le PS azuréen. C’est avec Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann, qu’il est désormais engagé (12,3 % des voix ici aux européennes). Lui non plus ne « comprend pas » le maintien de Unis pour Nice.
« J’aurais été opposé à un retrait. La gauche doit être représentée au conseil municipal : c’est une fusion technique qu’il fallait faire, avec la liste Estrosi. On obtenait sans doute 12 sièges, tout en restant dans l’opposition, sans confusion. Et le RN ne prenait pas la mairie. Bien sûr, la situation est difficile, je ne veux pas attaquer Juliette. Mais cette liste n’a pensé qu’à ses places, depuis le départ. Déroulant un tapis rouge devant Ciotti ».
Selon lui, « une partie de l’électorat de gauche ‘votera utile’, c’est-à-dire Estrosi. Je ne suis pas chez LFI, comme vous le savez, mais tous ceux que j’y connais le feront également. Cela suffira-t-il ? On nous dit que non. Mission impossible. Mais tout ça, c’est comme le football. On peut toujours être surpris ».
« Positions individuelles »
« À la suite de prises de positions individuelles récentes, qui n’engagent qu’elles-mêmes, le groupe local Les Écologistes de Nice tient à réaffirmer sans ambiguïté sa ligne politique et ses responsabilités devant les Niçois » note-t-il dans un communiqué.
« Notre soutien est total, clair et sans réserve à la liste conduite par Juliette Chesnel. Elle incarne une alternative crédible, exigeante et fidèle aux valeurs écologistes, sociales et démocratiques que nous portons. »
Et de poursuivre : « Nous approuvons la stratégie de maintien au second tour. Dans le contexte actuel, ce choix est un acte de responsabilité. Il répond à une exigence simple : les électeurs de gauche doivent pouvoir voter à gauche. (…) Nous sommes aujourd’hui la seule liste à incarner un véritable front républicain, cohérent et sans compromission ».
Christophe Madrolle : « le risque d’un laboratoire«
Il avait fait le déplacement, provoquant moins de surprise puisqu’il travaille déjà avec le président de la Région, Renaud Muselier (Renaissance) : l’élu Christophe Madrolle, du think tank « Écologie des solutions », rejoignait ce front anti-Ciotti cette semaine.
« Estrosi, il a un bilan. Il a végétalisé cette ville, décarbonné les transports, attiré ici le sommet de l’ONU pour les océans. À la Région, il a combattu pour le ‘premier budget vert d’Europe’. Moi, je juge sur pièce » pose-t-il.
« Ciotti, ce serait quoi ? La privatisation de services publics locaux ? Les énergies renouvelables envoyées dans le fossé ? Le RN, c’est ça. Juliette Chesnel est une vraie militante, sérieuse, respectable. Mais elle se trompe de colère ».



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