À deux jours du second tour des municipales, les équilibres restent incertains dans plusieurs grandes villes, de Marseille à Paris. Poussée du RN, recompositions à droite et alliances à gauche, ce scrutin est scruté comme un test politique clé à un an de la présidentielle.
Dimanche, 1.580 communes retourneront aux urnes, principalement des grandes villes. Dans la grande majorité du pays, les maires ont déjà été élus dès le premier tour, marqué par une abstention record de 42% hors période du Covid.
Mais ce second acte concentre toutes les attentions. Les résultats seront analysés bien au-delà des seules municipalités concernées, comme le souligne le député de droite Pierre Juvin, pour qui « à partir de lundi prochain, la campagne présidentielle commence ».
Dans ce contexte, chaque bascule locale est observée comme un indicateur du rapport de force national, dans un paysage politique fragmenté.
Le RN en embuscade dans plusieurs villes
Déjà en tête aux législatives de 2024, le Rassemblement national cherche à prolonger sa dynamique au niveau local. Dix de ses candidats ont été réélus, 14 autres ont remporté leur commune dès le premier tour.
Le parti sera présent dans 260 villes dimanche, mais souvent sans alliances solides. La « main tendue » proposée par Jordan Bardella à la droite n’a que peu trouvé d’écho.
À Marseille, le duel est serré. Le candidat RN Franck Allisio a talonné le maire sortant Benoît Payan (36,7% contre 35%). Mais le rapport de force s’annonce défavorable, avec le retrait du candidat de la gauche radicale et le maintien de la droite. Un sondage donnait vendredi Benoît Payan à 53% contre 39% pour son adversaire.
À Toulon, Laure Lavalette arrive en position favorable avec 42,05%, devançant largement ses concurrents. Une victoire ferait de la ville la plus importante dirigée par le RN.
Nice est également dans le viseur du camp nationaliste, avec la candidature d’Éric Ciotti, ancien cadre de la droite, allié du RN.
Paris relance le suspense
Dans la capitale, l’entre-deux-tours a resserré l’écart. Emmanuel Grégoire, arrivé en tête avec 38%, fait face à Rachida Dati, créditée de 25% au premier tour. Un sondage les place désormais presque à égalité (45,5% contre 44,5%).
Les stratégies divergent. Emmanuel Grégoire a refusé toute alliance avec Sophia Chikirou, qui s’est maintenue. À droite, Rachida Dati a consolidé son socle avec le ralliement de Pierre-Yves Bournazel et le retrait de Sarah Knafo, qui a appelé à « chasser la gauche ».
Elle bénéficie aussi d’un soutien implicite de Marine Le Pen, qui a invité ses électeurs à « faire barrage » à la gauche.
À gauche, alliances locales et tensions
Du côté de la gauche, les accords entre socialistes et La France insoumise restent variables selon les territoires. Olivier Faure a exclu un « accord national », mais des fusions ont été conclues dans plusieurs grandes villes comme Lyon ou Nantes.
Dans d’autres cas, des candidats socialistes se sont retirés au profit de listes LFI, notamment à Toulouse. « Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination, ni racisme, ni antisémitisme », a défendu Olivier Faure.
Ces choix divisent. Raphaël Glucksmann a critiqué des fusions ni « éthiquement justes » ni « électoralement payantes ».
Dans ce climat, certains résultats locaux pourraient peser dans la perspective de 2027. Édouard Philippe, déjà candidat déclaré, est en position favorable pour être reconduit au Havre.
Ce qui est important
- Le second tour concerne 1.580 communes, dont de nombreuses grandes villes décisives
- Le RN tente de transformer sa dynamique nationale en victoires locales
- Les alliances et divisions à gauche comme à droite dessinent les rapports de force avant 2027



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