Les Républicains retrouvent des couleurs dans plusieurs grandes villes françaises à l’issue des municipales, malgré des revers à Paris et Lyon. En refusant toute alliance avec La France insoumise comme avec le Rassemblement national, le parti s’appuie sur une ligne « ni ni » revendiquée par son président Bruno Retailleau.
Dans plusieurs villes longtemps ancrées à gauche, les résultats ont esquissé une certaine bascule. Clermont-Ferrand, Brest, Limoges, Besançon ou encore Tulle ont changé de camp, offrant aux Républicains un retour visible dans des territoires où ils avaient reculé lors du précédent scrutin.
« Il existe une autre voie ! », s’est félicité Bruno Retailleau, voyant dans ces résultats la preuve que des « millions de Français » ne voulaient « ni du chaos social » de LFI, « ni du désordre budgétaire dans lequel nous précipiterait le programme économique du RN ».
Stratégie du « ni ni »
Tout au long de la campagne, Les Républicains ont défendu une ligne, aucune alliance avec la gauche alliée à La France insoumise, ni avec le Rassemblement national. Une position qui a structuré leur campagne et leurs reports de voix au second tour.
Le vice-président du parti François-Xavier Bellamy a salué ces résultats en ciblant les alliances à gauche : « Les socialistes auront eu à la fois le déshonneur et la défaite », après avoir dénoncé des « accords de la honte » entre la gauche et LFI.
Cette stratégie s’est aussi traduite par des sanctions internes. Des membres du parti ont été menacés d’exclusion après des alliances locales avec le RN, notamment à Reims, Brie-Comte-Robert ou Draguignan.
Des gains mais aussi des revers marquants
Malgré ces conquêtes, la droite n’a pas réussi à s’imposer dans plusieurs grandes métropoles. À Paris, Rachida Dati a été battue par le socialiste Emmanuel Grégoire. À Lyon, Jean-Michel Aulas a échoué de peu face au maire sortant écologiste Grégory Doucet, allié à LFI. À Marseille, Martine Vassal est restée loin derrière avec 5 %…
Autre revers notable : la perte de Nîmes, la plus grande ville conservée par la droite après les précédentes municipales, remportée cette fois par le communiste Vincent Bouget.
Bruno Retailleau a toutefois maintenu une lecture positive de la séquence : « Nous sommes toujours et plus que jamais, la première force politique locale de France », en mettant en avant les succès enregistrés dans « cette France qui n’est plus regardée, celle des villes moyennes et des communes rurales ».
Nice, point de tension dans la stratégie ?
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La situation niçoise a illustré les tensions internes. Dans la cinquième ville de France, Eric Ciotti, ancien président de LR allié au Rassemblement national, s’est imposé face au maire sortant Christian Estrosi, pourtant soutenu officiellement par Les Républicains.
Trois jours avant le scrutin, Bruno Retailleau avait refusé d’appeler à voter pour Christian Estrosi, provoquant des réactions au sein du bloc central. Il avait alors laissé les électeurs voter « en leur âme et conscience ».
Face au RN, le président du parti a également accusé la formation de Jordan Bardella de « faire gagner la gauche contre la droite » en maintenant ses candidats dans plusieurs villes, notamment à Brest, Limoges, Gap ou Alençon, où la droite a malgré tout remporté la victoire.
Le maire de Cannes David Lisnard a lui aussi plaidé pour une primaire : « Ne pas l’organiser, dans un contexte qui s’annonce si favorable, serait une faute lourde au regard des enjeux pour la France ».
Ce qui est important
- Les Républicains remportent plusieurs villes historiquement à gauche et retrouvent une implantation locale
- La ligne « ni ni » structure la stratégie du parti face à LFI et au Rassemblement national
- Les résultats relancent les débats internes sur la présidentielle et l’unité de la droite
Nice-Presse avec dépêche



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