À Nice, l’investiture d’Éric Ciotti était donnée vendredi après sa victoire aux municipales. En l’absence de son prédécesseur, qui n’a pas assisté à l’événement. Devant un public en nombre, le nouvel édile a détaillé ses priorités, notamment en matière de sécurité, tout en appelant à « l’apaisement » après une campagne tendue.
Écharpe tricolore sur les épaules, face à un public acquis à sa cause, Éric Ciotti a pris officiellement ses fonctions vendredi à la tête de la mairie de Nice. À l’occasion de ce premier conseil, le nouvel édile a livré les grandes lignes de son cap. Promesse de fermeté et volonté affichée d’apaiser le climat politique.
Un discours marqué par la sécurité
Dans un long discours, le président de l’UDR, allié au Rassemblement national, a insisté sur la dimension sécuritaire de son programme. Il a confirmé vouloir doubler le nombre de policiers municipaux sur le terrain, d’ici dix-huit mois.
« J’ai lancé hier un appel aux policiers municipaux de la ville de Saint-Denis (banlieue parisienne) qui vont être désarmés et qui vont être laissés pour cible de ceux qui menacent la République par de dangereux extrémistes qui ont montré le pire visage de la démocratie », a-t-il déclaré, en précisant avoir déjà reçu « plusieurs dossiers de candidature ».
Au-delà de la seule ville, Éric Ciotti a aussi donné une portée nationale à son élection. « Ce qui s’est passé dimanche dépasse les frontières de notre seule cité, nous avons prouvé qu’un grand rassemblement des convictions et de la société civile est possible quand le cap est clair », a-t-il lancé.
La liberté n’est pas qu’un mot.
C’est un engagement de la République d’assurer l’ordre dans la rue.
À Nice, les voyous ne feront plus la loi. pic.twitter.com/xVmjiFOQMc— Eric Ciotti (@eciotti) March 27, 2026
Avant d’ajouter : « l’espérance qui s’est levée ici, entre la Méditerranée et nos montagnes, résonne aujourd’hui dans tout le pays ».
Petite manif’
À la sortie de la séance, une poignée de manifestants attendait le nouvel élu. Repoussés par la police, ils l’ont accusé de représenter « un trouble à l’ordre de la République », selon l’un des slogans visibles sur leurs pancartes.
Cette scène s’inscrit dans le prolongement d’une campagne électorale particulièrement rude, qui a conduit à une triangulaire au second tour.
Éric Ciotti l’a emporté avec 48 % des suffrages, soit 52 élus au conseil municipal. Christian Estrosi a obtenu 37 % et 13 élus, tandis qu’une liste d’union de la gauche sans LFI a recueilli 14 % et 4 élus.
Appel à l’apaisement et premiers gestes symboliques
Malgré ce contexte, le nouveau maire a tenu à adresser un « salut républicain » à son prédécesseur Christian Estrosi, absent et ayant renoncé à la vie politique locale. Il a également insisté sur sa volonté de tourner la page des tensions électorales.
« La campagne électorale fut âpre et à bien des égards violente, c’est vrai, mais elle appartient désormais au passé », a-t-il déclaré, promettant de rompre avec « les décisions solitaires et la verticalité ».
« L’opposition sera à tout instant écoutée et respectée », a-t-il ajouté.
Éric Ciotti a également rappelé son attachement personnel à la ville : « Depuis 2007 j’ai eu l’immense honneur et la grande fierté de représenter Nice à l’Assemblée nationale mais devenir le maire de cette ville est sans conteste l’honneur de ma vie, Nice coule dans mes veines ».
Dans la matinée, il a déposé une gerbe aux monuments aux morts et rendu hommage à la stèle des 86 victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais. Il devait ensuite recevoir des représentants d’associations de victimes afin de préparer les commémorations du 10e anniversaire de l’attentat l’été prochain, qui se tiendront en présence du président de la République Emmanuel Macron.
Ce qui est important
- Éric Ciotti prend officiellement ses fonctions de maire de Nice après une victoire à 48 % dans une triangulaire.
- Il confirme vouloir doubler les effectifs de police municipale et lance un appel à des agents de Saint-Denis.
- Il affiche une volonté d’apaisement politique tout en rendant hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet 2016.



Estrosi absent … Au moins deux raisons de ne pas en être étonné : sa « fierté » mal placée alors qu’il n’a pas hésité à demander à la gauche de voter pour lui … Deuxièmement, il n’allait tout de même pas payer son billet d’avion pour faire l’A.R. Paris/Nice avec « son propre » argent … Pendant des décennies les niçois ont payé des centaines de déplacements (surtout familiaux), désormais il n’a plus la « CB mairie de Nice ». Qu’il reste à Paris, il ne manquera pas ! 🇨🇵