À quelques kilomètres de la frontière, l’église San Basilio de Sanremo dévoile ses dômes colorés, répliques saisissantes d’un monument niçois. Plongez dans l’histoire méconnue de ce joyau russe de la Riviera, édifié en un temps record pour la mère du dernier Tsar.
Elle rappelle la migration de l’aristocratie russe entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Ces têtes couronnées et personnalités venaient alors profiter des plaisirs et de la douceur de la Méditerranée lorsque le froid de l’hiver se faisait sentir. Elles passaient cette période sur la Côte d’Azur ou sur la Riviera italienne, et ont laissé un héritage architectural extrêmement conséquent.
À Nice, par exemple, nous avons la remarquable cathédrale Saint-Nicolas ou encore l’isba située au sein du domaine de Valrose. Mais la capitale maralpine n’a pas le monopole de ces trésors historiques. À Sanremo, on retrouve sa « presque jumelle », l’église San Basilio, dont la création remonte aux années 1910.
Sa naissance est le fruit de la volonté de l’impératrice Maria Feodorovna, mère de Nicolas II, d’offrir à sa communauté un lieu de culte. Avant ça, la population russe disposait déjà d’une petite chapelle pour les orthodoxes depuis peu - elle est inaugurée en 1910.
100 jours pour bâtir l’église !
Le projet lancé, la première pierre fut posée en décembre 1912 en présence de nombreuses célébrités. Le bâtiment a été achevé en 100 jours, bien qu’il fallut attendre un an de plus pour vivre sa consécration officielle.
L’édifice religieux est dédié à la martyre Sainte Catherine et à Séraphin de Sarov, mais communément, elle est appelée « l’église du Christ Sauveur ». Un chœur de chanteurs des sites russes de Menton et de Nice a accompagné la cérémonie de musique liturgique.
Actuellement, le monument est composé de trois parties distinctes.
En plus de la chapelle avec sa grande nef centrale, nous avons la sacristie dans laquelle sont conservés divers objets sacrés, et l’abside. À l’extérieur, on repère cinq coupoles polychromes dorées caractéristiques avec un toit bleu. Si vous observez son sommet, vous admirerez les croix à trois bras typiques de ce pays de l’Est. La plus haute, au centre, s’élève à plus de 50 mètres.
Pas totalement achevée avant la Grande Guerre
En son sein, outre les dépouilles de souverains monténégrins dans la crypte, on découvre plusieurs tableaux, icônes et meubles ornementaux de grande valeur. Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale n’est pas sans conséquences pour San Basilio…
Le conflit, ainsi que l’effondrement du régime tsariste, ont perturbé les décorations intérieures, qui n’ont pu être achevées. Un chantier de rénovation voilà une dizaine d’années a permis à ces finitions de voir le jour, mais aussi de mettre la main sur de précieuses reliques.
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