Dans les rangs de l’opposition, l’alliance entre Sandra Paire et Louis Sarkozy appartient (déjà) au passé. Les colistiers de celle qui vient tout juste de devenir sénatrice reprennent leur indépendance. Dans Menton-Presse, le fils de l’ancien président de la République entend transformer cette « rupture » en « nouveau départ ».
L’Union n’aura pas survécu à l’après-campagne. Née dans l’urgence de l’entre-deux-tours pour tenter de barrer la route à Alexandra Masson (Rassemblement national), l’alliance entre Sandra Paire (divers droite) et Louis Sarkozy (Les Républicains) s’est défaite presque aussi vite qu’elle s’était construite !
Depuis le départ de la conseillère régionale au Sénat, ses proches ont annoncé reprendre leur liberté autour de Cédric Monteiro. Par ricochet, Louis Sarkozy a, lui, formé son groupe.
« Ça ne vient pas de nous » assure-t-il à Menton-Presse ce mardi 5 mai. L’ancien candidat affirme qu’il était prêt à prolonger l’aventure commune, sans imposer de ligne aux élus issus de la liste de Sandra Paire. « J’acceptais tout le monde. Je n’allais pas ‘cheffer’ en disant aux uns et aux autres : maintenant, vous votez ça et ça. Ce n’est pas ma conception de la politique. »
Fin de l’union à droite : Louis Sarkozy dénonce une stratégie de division

Louis Sarkozy voit son premier mois de mandat comme l’entrée dans une nouvelle phase. La campagne s’est terminée par une défaite, mais il refuse d’y voir un coup d’arrêt. « On a perdu, mais toutes les défaites ne sont pas les mêmes. Celle-ci avait en elle les germes d’une victoire future, et même d’une victoire présente (sic) » La fin de L’Union marque toutefois une première fracture dans l’opposition.
« Ma logique a toujours été celle du rassemblement. La droite mentonnaise, si elle souhaiteperdurer face à une majorité très puissante comme celle de madame Masson, devait rester ensemble. Il fallait faire exactement l’inverse de ce que monsieur Monteiro vient de faire : diviser, sous-diviser. »
Louis Sarkozy y voit un mauvais signal envoyé aux électeurs. « On donne des munitions à nos adversaires, qui maintenant se gargarisent. C’est malheureusement le signe d’une certaine myopie…»
« Au Renouveau Mentonnais, on ne s’inscrit pas dans cette philosophie de division clanique et tribale qui caractérise tant la vie politique mentonnaise »
Seule consolation à ses yeux : « les groupes d’opposition disposeront de plus de temps de parole. » Pour le reste, il promet de garder la porte ouverte aux élus de Cédric Monteiro comme à ceux de Florent Champion (divers droite).
Ses premiers combats contre la maire Alexandra Masson

Face à Alexandra Masson, Louis Sarkozy se dit capable de voter certains dossiers mais d’en contester vivement d’autres :
« On nous explique que la commune n’a aucune marge de manœuvre, que les charges fixes augmentent et que les recettes baissent. Et dans ce contexte-là, il y a des collaborateurs avec des logements de service, et des frais de représentation qui passent de zéro euro en 2025 à 15 000 euros en 2026 ! »
Pour autant, l’essayiste refuse un « front anti-RN » de principe :
« Sur un mandat local, je suis parfaitement prêt à être d’accord avec l’exécutif, quand cela vaut la peine »
Avec des nuances. « Quand madame Masson explique qu’il faut de la rigueur budgétaire, nous sommes d’accord avec cette philosophie. Mais quand cela concerne son cabinet ou ses élus, elle n’a pas la même volonté…» Faisant ici allusion à la hausse de leurs indemnités, très commentée en ville.
Le Renouveau Mentonnais veut désormais reprendre son identité première : « jeunesse, énergie, rigueur budgétaire et refus d’une hausse de la fiscalité. »
« On veut que tous les Mentonnais qui attendent un rendez-vous avec moi ou avec mes élus puissent l’obtenir rapidement. Si des habitants ont des problèmes de logement, si on peut faire des courriers, soulever des choses en conseil, on veut aider. » La permanence de campagne, installée place de la mairie, restera donc ouverte. « L’association des Amis de Louis Sarkozy » a été déposée en préfecture… L’opposition ne compte vraiment pas faire de la figuration.



S’il pense que toute défaite est une victoire en puissance, il a un grand avenir devant lui. Mais, pas plus pour les formules que pour les coups de… menton, il a encore du chemin à parcourir avant de rattraper son père. Faut-il d’ailleurs le lui souhaiter, dans la conjoncture actuelle ?