EXCLUSIF - Devenue sénatrice des Alpes-Maritimes il y a tout juste quelques jours pour remplacer Jean-Marc Delia, Sandra Paire siègera, au moins jusqu’à la rentrée, au Palais du Luxembourg. L’élue mentonnaise, rattachée à la majorité LR au Sénat, veut profiter de ce court mandat pour porter un sujet fort, comme elle l’a confié en avant-première à Menton-Presse.
On rembobine. Élue en 2020 sur la liste sénatoriale portée par Les Républicains, Sandra Paire occupait la place de deuxième suppléante derrière Jean-Marc Delia. Quand Philippe Tabarot est entré au gouvernement, celui-ci a logiquement récupéré son siège au Sénat.
Mais après son élection à la mairie de Saint-Vallier-de-Thiey en mars dernier, Jean-Marc Delia a lui aussi pris la décision de quitter le Palais du Luxembourg, son mandat le plus ancien arrivant à terme. La voie s’est alors ouverte pour la conseillère régionale… « Quand je prends un engagement, je n’ai pas l’habitude d’y renoncer. Et puis il n’y avait personne derrière moi » souffle-t-elle à notre micro.
La santé mentale des jeunes comme premier combat
Sandra Paire parle d’« une fierté » mais insiste sur la portée concrète de cette opportunité. « C’est surtout un investissement. Les textes débattus touchent l’ensemble de nos concitoyens, qu’il s’agisse de sujets nationaux ou de dossiers aux retombées très locales. »
« Je ne suis ni encartée, ni apparentée. Je suis simplement rattachée administrativement »
Dans les prochaines semaines, elle entend s’engager sur plusieurs fronts. Le premier qu’elle cite concerne la santé mentale des jeunes. Un thème qu’elle juge « trop fragmenté dans les politiques publiques actuelles. On a beaucoup d’initiatives, mais pas de réel projet global ni de suivi. »
Celle qui a fusionné avec Louis Sarkozy lors de la dernière campagne municipale évoque « le mal-être adolescent depuis la crise du Covid », « les difficultés familiales ou scolaires », « la pression des réseaux sociaux », mais aussi « le manque de pédopsychiatres et l’absence de coordination entre les dispositifs déjà existants. »
Pour elle, « le sujet impose de sortir des réponses dispersées et de bâtir un cadre plus cohérent. » Rattachée administrativement au groupe majoritaire du Sénat (droite et centre), Sandra Paire tient toutefois à clarifier sa position. « Je ne suis ni encartée, ni apparentée. Je suis simplement rattachée administrativement. »
Pour Menton, Sandra Paire se dit plus utile à la Région
Une manière de se tenir toujours à l’écart des Républicains, mouvement qu’elle avait quitté avant la campagne mentonnaise, suite à l’investiture finalement donnée à Louis Sarkozy. Cette accession au Sénat l’a obligée à faire un choix institutionnel. Sandra Paire pouvait conserver son mandat régional ou son siège, dans l’opposition, au conseil municipal de Menton. Elle a décidé de quitter ce dernier.
« Ce n’est pas un désengagement local, mais au contraire un moyen de préserver un levier d’action plus utile à mon territoire. À la Région (où elle travaille avec le président Renaud Muselier), je peux continuer à accompagner des projets, soutenir des associations, défendre des dossiers de communes ou aider de jeunes talents à obtenir des subventions. Je vais continuer à me battre pour Menton. »
Reste évidemment la question de l’après. En septembre prochain, les équilibres sénatoriaux des Alpes-Maritimes seront à nouveau sur la table. Sur ce point, Sandra Paire ne se projette qu’avec prudence. « Nous n’en sommes pas encore au temps des discussions. »
Si elle ferme clairement la porte à une liste UDR-RN ou LR, elle ne rejette pas l’idée d’une liste plus large, plus transversale, qui pourrait rassembler au-delà des étiquettes traditionnelles. L’hypothèse d’un attelage autour d’Alexandra Borchio Fontimp et de Charles Ange Ginésy semble la séduire. « Oui, je pourrais m’y retrouver…»



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