C’est un peu le « Graal » des stations balnéaires : pouvoir arborer le « fameux Pavillon Bleu » le long de leurs plages et des quais de leurs ports. À Nice, une part du littoral ne l’obtient pas cette année, tandis que Menton ne labellise carrément rien cet été. Comment obtenir cette précieuse récompense touristique ? Aux manettes, l’association écologiste Teragir nous explique tout. 5 questions à Ghislain Fenouil, son responsable national…
Nice-Presse : Quels sont les critères pour que les plages ou les ports aient le droit à leur « Pavillon Bleu » ?
Il y en a quarante-neuf pour les plages, dont trente-sept obligatoires. Les deux majeurs étant la qualité de l’eau et le système d’assainissement. On s’intéresse aussi au traitement des eaux usées, à la sensibilisation au respect des lieux, ou encore aux équipements adaptés aux personnes handicapées. Pour les ports, il y en a quarante-trois et cela concerne surtout la pollution. Nous regardons s’ils possèdent une station de pompage des eaux noires, ou des équipements anti-hydrocarbures.
Les études scientifiques et officielles menées par les Agences régionales de santé (ARS) nous servent de base. Elles édictent un classement qui va de l’insuffisance à l’excellence. Seuls les sites qui sont dans la plus haute catégorie peuvent prétendre au « Pavillon Bleu ».
Nous menons aussi des audits sur le terrain. Même en cours de saison. Il est arrivé que l’on retire des labels obtenus quelques mois avant, car ces prérequis n’étaient plus respectés…

Comment postuler ?
Ce sont les communes qui envoient un dossier et qui paient. Pour une petite zone rurale, la démarche peut coûter huit cents euros, et une grande métropole peut payer plus de trois mille euros. On ne retient pas les établissements et concessionnaires privés.
L’absence de Menton et du Port Lympia : un choix politique
Dans votre palmarès, on ne retrouve pas le Port Lympia et seulement sept plages niçoises. Menton n’y figure pas du tout. Est-ce un choix ?
C’est la commune qui fait sa sélection. Nous n’étudions que les propositions que l’on nous formule. Ainsi, Nice a décidé de ne pas proposer son port, ni la Blue Beach. Pour ce qui est de Menton, depuis que j’ai intégré Teragir il y a quatre ans, je n’ai jamais reçu de candidature de leur part. On ne connaît pas les raisons, cela appartient aux municipalités.
Concrètement, qu’est-ce que cela change d’être ainsi récompensé ?
Nous valorisons des lieux qui justifient de véritables efforts dans leur transition écologique. La qualité de l’eau dans laquelle vous vous baignez est meilleure et l’air que vous respirez près des ports est moins pollué. Nos exigences sont internationales, c’est un véritable gage de pertinence.
Comment Nice se place si on la compare aux autres littoraux français ?
Elle nous a fait parvenir sa première candidature en 1988. Au début, elle proposait moins de cinq adresses. Et certaines étaient refusées à cause d’une mauvaise gestion des déchets. La ville réussit à cocher de plus en plus de cases. Il est toujours possible de faire mieux.
La France est en retard, derrière d’autres pays de l’Union européenne. Elle a encore beaucoup d’efforts à faire, notamment sur le suivi de la qualité des eaux de baignade.





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