À quatre mois du renouvellement partiel du Sénat, le Rassemblement national manœuvre en coulisses pour décrocher dix sièges et former enfin un groupe parlementaire. Porté par ses récents succès électoraux, le parti multiplie les appels du pied vers la droite et le centre, en s’appuyant sur des places stratégiques réservées notamment dans le Var et les Alpes-Maritimes.
Dans les couloirs feutrés du Palais du Luxembourg, l’heure est aux murmures et aux grandes tractations. Le parti nationaliste affirme nouer de nouvelles relations avec des parlementaires issus d’autres horizons politiques en vue du scrutin de fin septembre.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du mouvement, le sénateur du Pas-de-Calais Christopher Szczurek a mis en lumière ces rapprochements. L’un des trois seuls élus actuels de la formation à la chambre haute a posé le décor : « On n’est pas à l’abri de surprises ».
Il a ainsi confirmé avoir établi « des contacts avec des sénateurs qui sont dans le groupe LR ». Ces derniers ne sont toutefois « pas nécessairement encartés » chez Les Républicains. Des échanges ont également lieu avec « quelques sénateurs qui sont dans le groupe centriste ». La constitution d’un groupe parlementaire repose sur la capacité d’attraction de l’entité politique.
Christopher Szczurek précise la dynamique en cours : « Certains nous ont laissé savoir que si on est en situation de constituer un groupe, ils pourraient nous rallier ».
Le climat particulier de l’institution semble d’ailleurs favoriser ces manœuvres. L’élu nordiste souligne que « la sagesse et l’oecuménisme qui règnent de manière générale au Sénat rendent les relations beaucoup plus fluides et faciles ».
Tremplin électoral avant la prochaine présidentielle
Pour concrétiser ces ralliements, la barre fatidique des dix sièges reste l’enjeu central. Ludovic Pajot, directeur de campagne pour ces sénatoriales, fixe le cap : « Notre ambition claire : multiplier notre nombre de sénateurs et constituer enfin un groupe ».
Le maire de Bruay-la-Buissière accorde à ce scrutin une « valeur de test national ». Il le perçoit comme la « dernière grande échéance avant (…) la mère de toutes les batailles », ciblant directement la présidentielle de 2027.
L’optimisme des troupes s’appuie sur la percée réalisée lors des municipales de mars dernier. Avec soixante-dix maires élus ou réélus et plus de trois mille conseillers municipaux, le directeur de campagne espère un « effet multiplicateur » du vote des élus sans étiquette. Cette réserve de voix, recherchée « dans les communes rurales », doit permettre de « confirmer (son) implantation territoriale ».

Têtes de liste azuréennes ?
Le maillage territorial se précise avec l’investiture de candidats dans quarante-six des soixante-trois départements renouvelables à l’automne.
Plusieurs députés ont été désignés pour mener les listes de ce scrutin indirect.
Dans notre région, Frank Giletti prendra la tête de file dans le Var. Les stratégies d’alliances locales se matérialisent également de manière concrète sur notre territoire. Quelques premières places ont été directement réservées à l’UDR d’Eric Ciotti, avec une attention toute particulière portée aux Alpes-Maritimes.
Pour les autres territoires, Ludovic Pajot assure que « les portes sont ouvertes ». Les conditions de ces rapprochements restent inchangées et exigent un alignement politique. « Nous serons amenés à soutenir des candidats qui ne seront pas forcément membres du RN, à partir du moment où ils partageront notre philosophie et s’engageront à rejoindre (notre) groupe ».
Ce qui est important
- Le parti a impérativement besoin d’atteindre le seuil de dix élus pour constituer un groupe au Sénat et peser dans les débats.
- Les prochaines élections sénatoriales de septembre s’annoncent comme un baromètre politique majeur en vue de la présidentielle de 2027.
- Les Alpes-Maritimes et le Var sont au cœur de cette stratégie nationale avec l’investiture de figures locales comme Frank Giletti et l’intégration de candidats proches d’Eric Ciotti.
Nice-Presse avec agence





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