Le Rassemblement national a présenté lundi à Marseille sa nouvelle tête de liste pour les élections sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône. La vice-présidente du département Marie-Pierre Callet, figure locale des Républicains, officialise son passage chez les lepénistes pour séduire un électorat rural. L’annonce bouscule l’équilibre politique de la droite provençale à quelques mois du scrutin de septembre…
Les fondations de la droite traditionnelle tremblent sur les rives de la Méditerranée. Lundi, le Rassemblement national a abattu une nouvelle carte décisive dans sa stratégie de conquête. La formation a dévoilé l’identité de sa cheffe de file pour la prochaine bataille sénatoriale. Il s’agit de Marie-Pierre Callet, une femme politique de 68 ans siégeant actuellement en tant que vice-présidente au sein du conseil départemental.
Cette ex-membre des Républicains a profité d’une conférence de presse organisée à Marseille pour acter publiquement sa rupture. La candidate a souligné devant l’assistance avoir rejoint son nouveau mouvement politique « ces dernières semaines ».
Son éloignement du parti gaulliste trouve ses origines il y a plusieurs mois. La dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par le président de la République, survenue en juin 2024, l’avait alors décidée à rendre sa carte de militante.
Une stratégie ciblée sur les territoires ruraux
La vice-présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Marie-Pierre Callet sera notre tête de liste @RNational_off et @partiudr aux prochaines élections sénatoriales pour défendre notre Provence au Sénat.
— Franck Allisio (@franckallisio) May 18, 2026
Heureux de l’accueillir au RN au nom de @MLP_officiel et @J_Bardella ! pic.twitter.com/kOObWHEp1a
Le choix de cette personnalité pour mener la liste d’alliance ne relève pas d’un hasard de calendrier. L’état-major du parti souhaite s’adresser directement aux grands électeurs des territoires éloignés de la métropole marseillaise.
Avant de s’imposer dans l’hémicycle départemental depuis les élections de 2015, cette élue a connu une trajectoire professionnelle de terrain. Ancienne aide-soignante, elle exerce désormais la profession d’éleveuse de bovins sur la commune de Maussane-les-Alpilles.
Cet ancrage terrien affirmé constitue l’argument numéro un de la nouvelle tête d’affiche. Elle ambitionne d’ailleurs ouvertement de « faire reconnaître les Bouches-du-Rhône comme un département agricole ».
Franck Allisio, prétendant à la mairie de Marseille et issu lui-même de l’UMP, s’en réjouit. Le chef de file départemental voit en sa nouvelle recrue « le profil idéal » pour rafler la mise dans les villages.
L’objectif chiffré pour le scrutin de septembre s’avère clair. Le groupe politique, qui détient actuellement un seul siège à la chambre haute, vise l’obtention de deux mandats de sénateurs.
Hémorragie continue chez Les Républicains
Ce transfert s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large affectant l’ancienne majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Les rangs de l’exécutif départemental dirigé par la droite se vident un à un.
Le candidat marseillais du Rassemblement national ne s’est pas privé de souligner cette dynamique lundi. Il a affirmé avec assurance que « Plus d’une vingtaine d’élus LR du département nous ont rejoints ».
Cette tendance avait été marquée par un précédent coup d’éclat il y a seulement une semaine. Laure-Agnès Caradec, présidente de la fédération des Républicains et également vice-présidente du conseil départemental, avait officialisé son départ.
L’élue marseillaise a choisi de s’engager avec l’UDR, la formation d’Éric Ciotti. Elle justifiait alors cette réorientation en qualifiant sa nouvelle maison politique de « droite sans compromission ».
Une élection sénatoriale à hauts risques

L’échéance électorale s’annonce particulièrement incertaine dans les Bouches-du-Rhône. Face à cette nouvelle dynamique, les autres forces politiques tentent d’organiser la riposte.
Le président de la région est l’unique responsable à s’être officiellement déclaré à ce stade de la campagne. Renaud Muselier compte mener au combat une liste d’union réunissant la droite et le centre.
Il briguera très précisément le siège de Brigitte Devésa. Cette parlementaire centriste avait hérité du mandat après le décès de Patrick Boré, présenté comme un proche du président de région.
Cette candidature régionale pourrait néanmoins se heurter à des ambitions gouvernementales en coulisses. Sabrina Roubache, l’actuelle ministre de l’enseignement et de la formation professionnelle, observe attentivement la situation.
La représentante de l’État a d’ores et déjà fait passer des messages clairs dans la presse. Elle a confié au site d’information locale Marsactu son souhait de se porter candidate.
Ce qui est important
- La vice-présidente du département quitte Les Républicains pour mener la liste RN-UDR aux sénatoriales avec l’ambition de capter les voix du monde agricole.
- Le parti traditionnel subit une série de défections majeures, peu après le ralliement de sa présidente départementale au camp d’Éric Ciotti.
- La course au Palais du Luxembourg s’annonce très disputée face aux stratégies de la majorité régionale et aux potentiels candidats issus du gouvernement.
Nice-Presse avec agence



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