En mobilisant les dispositifs du Code de la sécurité intérieure plusieurs fois usités ces derniers mois, le maire de Nice réclame à l’État de « prononcer la dissolution » d’Aquila Popularis.
Il ne veut pas du tout être associé à eux. Interrogé par Le Point de cette semaine, Éric Ciotti a assuré : « Je condamne avec la plus grande force toutes les expressions de violence, et je demande d’ailleurs la dissolution du groupe Aquila popularis » (aigle et populaire), un collectif rangé à « l’ultra droite » par les autorités. La gauche -notamment le PCF et Viva- réclame la même décision à l’État :
« Nous posons ici, sans détour, la question de la dissolution d’Aquila popularis : le Code de la sécurité intérieure permet la dissolution de groupes qui provoquent à la haine, à la discrimination ou à la violence, ou qui participent à des agissements troublant gravement l’ordre public. »
Le magazine conservateur avait ainsi questionné Eric Ciotti : « depuis votre victoire, plusieurs actions ont été menées par des groupuscules d’extrême droite, notamment une soirée d’hommage au membre de l’OAS Albert Spaggiari, par ailleurs cerveau du « casse du siècle » à la Société générale, à Nice, en 1976. Y voyez-vous un lien avec votre élection ?»
L’édile avait apporté une nuance, expliquant que de tels rassemblements (de groupes variés et parfois rivaux) avaient déjà cours avant son investiture. Ce qui est vrai, que ce soit avec un défilé devant la basilique meurtrie par un attentat en 2020, ou plus récemment autour de la statue de Jeanne-d’Arc, près du quartier de la Libé.
Dans les jours qui avaient suivi son élection, plusieurs jeunes militants de gauche affirmaient avoir été pourchassés et molestés par une bande, en marge d’un rassemblement « contre l’extrême droite ». En conseil municipal, l’opposition de Juliette Chesnel-Le Roux avait interpellé Eric Ciotti, réclamant une condamnation de sa part. Bel et bien formulée, y compris en séance métropolitaine.
« Attachés à notre identité » : la ligne de défense face aux accusations
Récemment interrogé par Direct Azur, un responsable d’Aquila Popularis décrivait ainsi sa formation : « nous sommes nationalistes, attachés à notre identité niçoise et aux racines chrétiennes, celles du Comté, de la France et du continent européen. Nous nous sommes lancés en 2022 parce que le militantisme politique ne s’arrête pas aux élections, tous les cinq ans. C’est un long travail à mener sur le terrain. Les Niçois qui nous ont rejoints veulent voir leurs traditions être perpétuées et la dégradation de leur ville être stoppée ».
Dans la même interview, il tenait « à réfuter le qualificatif de mouvement violent, ce que nous ne sommes pas (…) Nos membres ne sont d’ailleurs pas condamnés ». Récemment, des objets arborant les logos de l’organisation avaient été saisis par la police au domicile d’un interpellé après une rixe, mais l’intéressé s’était dit plus proche des ultras de l’OGC Nice. Dans un communiqué du 8 mai, AP assure qu’il « condamne toute violence politique ».
Sans, du coup, de soutien de la municipalité, le groupe a promis de « renforcer son ancrage en ville (son local vient d’ouvrir dans le centre, NDLR) notamment en menant des actions sociales pour les Niçois dans le besoin, avec des distributions alimentaires ». « Notre solidarité concerne d’abord les Niçois et les Français de souche. Si quelqu’un d’une autre religion ou nationalité se manifestait, nous ne refuserions pas pour autant ».
Sur le plan politique, Aquila Popularis dénonce « un Grand remplacement », lié à « des migrations intempestives », des propos hautement controversés, tout comme le soutien public de certains de ses membres à des figures du régime criminel de Vichy. AP encourage les Niçois « à se faire une idée (sur l’association) sans se laisser influencer ».





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