Face à des adolescents recrutés sur les réseaux sociaux pour abattre des cibles et à l’argent du trafic qui inonde nos régions, le Premier ministre réunit douze ministres ce vendredi lors d’un comité d’urgence. De Nice à Marseille en passant par la banlieue lyonnaise, le gouvernement dit déployer une action globale face à la recrudescence fulgurante des meurtres liés aux stupéfiants.
Un feu d’origine criminelle dévore la cage d’escalier d’un immeuble de sept étages en banlieue lyonnaise. Plus au sud, dans les quartiers de notre région, des balles perdues brisent des vies pour le simple contrôle d’un point de revente. L’économie souterraine dicte ses propres lois sanguinaires.
Depuis le début de l’année, une spirale meurtrière liée au narcotrafic embrase le territoire. La géographie du crime s’est dangereusement élargie. Nantes, Rennes, Grenoble, Lyon, mais surtout Nice figurent en bonne place sur cette liste macabre, prouvant que Marseille ne monopolise plus les règlements de comptes.
Douze ministres mobilisés contre un chiffre d’affaires colossal
Sept milliards d’euros. Ce magot astronomique, estimé par les autorités en 2023, finance la terreur au quotidien. Les délits liés aux cryptomonnaies gonflent également depuis un an, poussant l’Etat à concevoir une approche inédite face à l’ampleur titanesque du problème.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, ouvre ce vendredi le tout premier comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée. Fini le travail en vase clos. Laurent Nuñez, actuel ministre de l’Intérieur, martèle depuis plusieurs semaines que ses propres troupes ne peuvent remporter « la guerre » de manière isolée.
Nice : « qu’attendez-vous pour nous sauver ?»
Dans le narco-quartier des Moulins, ces habitants lassés des « coups de pub » du pouvoir
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La stratégie cible dorénavant la prévention, par le biais de l’éducation ou du travail, tout en accentuant la lutte contre le blanchiment. Douze ministres entourent la table, dont Gérald Darmanin à la Justice, Jean-Pierre Farandou au Travail, Edouard Geffray à l’Education, Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères, et Maud Bregeon au porte-parolat.
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L’inquiétant recrutement des tueurs sur les réseaux sociaux
Les acteurs du trafic rajeunissent brutalement. Des guetteurs surveillent les rues pour cinquante à cent euros par jour. Les vendeurs encaissent jusqu’à deux cent cinquante euros. Pire, la chair à canon se recrute désormais avec une facilité déconcertante sur internet.
Les commanditaires utilisent les plateformes numériques pour engager des tueurs à gages inexpérimentés, souvent mineurs. Le drame survenu à Marseille illustre l’horreur absolue de ce fonctionnement. Un détenu de vingt-quatre ans y a engagé un adolescent de quatorze ans pour un contrat évalué entre vingt et trente mille euros.
Ce jeune tireur a froidement exécuté un chauffeur de VTC totalement étranger au banditisme en octobre 2024. Le tribunal vient de le condamner en février à dix-sept années de réclusion criminelle. La violence débridée ravage aussi Décines-Charpieu, où un incendie a fait trois morts le 11 mai. La justice a mis en examen lundi trois jeunes de seize, dix-sept et dix-huit ans pour homicide volontaire en bande organisée.
Macabre comptabilité
L’Office central de lutte contre la criminalité organisée dresse un bilan glaçant de l’année 2024, avec trois cent soixante-sept assassinats et tentatives entre délinquants. Cette flambée représente cent dix morts et trois cent quarante et un blessés, affichant une hausse de trente-trois pour cent depuis 2021.
A Grenoble, Etienne Manteaux alerte sur la mort de dix hommes par balle en six mois. Le procureur estime que cette hécatombe « oblige la puissance publique à vraiment mettre tout en oeuvre pour essayer d’interrompre cette mécanique de la vengeance », évoquant au passage une « sinistre compatibilité ».
Son collègue marseillais, Nicolas Bessonne, valide ce constat. Les deux magistrats s’accordent en affirmant qu’ « un palier a été franchi » et que « Les individus ne tirent plus aujourd’hui pour impressionner mais tirent pour tuer ». Pour stopper l’hémorragie, les autorités déploient des opérations XL. Quarante-deux membres de la DZ Mafia ont fini en garde à vue à Marseille en mars, tandis qu’un millier d’agents ont interpellé quatre-vingt-treize individus à Lyon fin mai.
Ce qui est important
- Les réseaux criminels embauchent directement des adolescents sur les plateformes numériques pour exécuter des contrats mortels valant plusieurs dizaines de milliers d’euros.
- Le gouvernement change radicalement de braquet en réunissant douze ministères pour frapper un marché noir chiffré à sept milliards d’euros.
Nice-Presse avec agence





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