Vingt-quatre heures après l’annonce du transfert définitif des épreuves olympiques de glace vers le Rhône, Renaud Muselier et Éric Ciotti se rejettent âprement la responsabilité de ce naufrage, par courriers interposés…

L’encre des lettres échangées est aussi froide que la glace espérée sur la Côte d’Azur. Le couperet est tombé vendredi lorsque le comité d’organisation des Jeux d’hiver 2030 a officiellement acté le regroupement des épreuves glacées du côté de Lyon.

La capitale maralpine perd ainsi une vitrine internationale majeure. La cité balnéaire devait originellement accueillir le hockey masculin, le patinage artistique, le curling et le short-track. Le projet initial prévoyait également l’implantation d’un des villages olympiques et d’un vaste centre des médias.

Une patinoire de la discorde au cœur des tensions

Cette décision radicale intervient au terme de plusieurs semaines de crispations intenses. Au centre du litige figure le refus du maire UDR d’installer une patinoire provisoire au sein de l’Allianz Riviera. L’enceinte sportive est actuellement utilisée pour les rencontres à domicile de l’OGC Nice, l’équipe de football évoluant en Ligue 1.

Face à cette position, les organisateurs se sont heurtés à l’impossibilité matérielle de trouver une alternative viable sur le sol niçois pour héberger le tournoi de hockey. Samedi, le grand artisan de l’événement et président Renaissance de la région Sud a pris la plume le premier pour s’adresser à l’édile.

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Thierry Carpico / Photo12 via AFP

Une perte financière colossale brandie par la Région

Dans sa missive, le responsable régional rappelle l’ambition initiale du projet. « Plus qu’un simple site olympique, Nice devait être le cœur battant des Jeux d’hiver 2030 », souligne-t-il, qualifiant le blocage autour du stade de « choix politique ».

Le manque à gagner s’annonce lourd selon ses estimations. Il évoque des « retombées touristiques et événementielles directes perdues » se situant « entre 180 et 280 millions d’euros. » Les cérémonies de clôture, présentées comme « un des moments les plus regardés, les plus symboliques et les plus émotionnels » de la compétition, s’envolent également.

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En additionnant les investissements d’infrastructures et les dépenses de sécurité, la note s’alourdit considérablement. « le retrait du pôle glace pourrait ainsi priver Nice et la Région Sud d’un impact global compris entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros, » s’alarme Renaud Muselier.

La riposte cinglante du maire de Nice

La réponse du destinataire a été immédiate. Par retour de courrier, le premier magistrat a vertement réfuté l’argumentaire financier de son opposant. « Prétendre que Nice et notre territoire perdraient jusqu’à 1,1 milliard d’euros relève du calcul grotesque », tranche-t-il sans aucun détour.

L’élu renverse ensuite la charge de l’échec sur les épaules du président régional. « La réalité est que vous avez été incapable de défendre les intérêts de notre territoire face aux calculs de vos ‘alliés‘ », cingle-t-il sur le papier.

Il déplore ouvertement la méthode employée au sommet de l’institution. « Là où un président de région aurait dû rechercher le compromis (…) vous avez choisi l’entêtement », assène Éric Ciotti.

Il termine sa lettre en garantissant la poursuite des grands projets urbains locaux. « les investissements structurants dont notre territoire a besoin auront lieu parce qu’ils sont nécessaires aux habitants, à l’attractivité de notre métropole et au développement de notre région. »

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Ce qui est important

  • Le regroupement à Lyon des compétitions de glace de 2030 prive la capitale azuréenne de plusieurs disciplines phares, de son village olympique et des cérémonies de clôture.
  • Le refus municipal d’implanter un équipement provisoire dans le stade de l’Allianz Riviera a provoqué une rupture logistique et ce transfert inévitable.
  • La Région et la Mairie s’opposent sur le coût de cet échec, évalué jusqu’à 1,1 milliard d’euros par Renaud Muselier, un chiffre sèchement balayé par Éric Ciotti.

Nice-Presse avec l’agence

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3 Commentaires

Le tandem MUSELIER/ESTROSI nous laisse l’ardoise « Paul Ricard » … Qui va payer : pas eux ! 🇨🇵

Je repose la question : pourquoi MUSELIER en tant que président de région nommé par son ami ESTROSI, (plus pour longtemps heureusement) n’a t’il pas proposé MARSEILLE qui dispose d’une patinoire olympique aux normes ? … Et bien tout simplement pour nuire à Eric CIOTTI, et lui faire endosser cet échec ! Parce que avec son « pote d’Horizon, ils avaient concocté d’autres projets, des projets certainement rémunérateurs avant leurs départs annoncés … Par les intentions de votes. 🇨🇵

On aimerai l’analyse d’un spécialiste « neutre » pour alimenter la réflexion…
Il est clair que refuser d’être vitrine olympique pour une ville n’est pas anodin.
C’est en tout cas une décision (d’E. Ciotti) qui indique la direction qu’il souhaite donner au futur de notre ville.