Pour pacifier les quartiers, la nouvelle municipalité promet de sortir les agents des bureaux afin de doubler le nombre de patrouilles. Cette réorganisation s’accompagne de la création de brigades dédiées à la traque des stupéfiants et à la surveillance des coins les plus festifs, notamment cet été dans la Vieille-Ville.
Presque un grand oral. Lors du dernier conseil municipal en date, la première adjointe d’Éric Ciotti a pu présenter à l’assemblée ses orientations en matière de sécurité et de prévention. Pas d’annonce choc en magasin, mais l’idée était de rappeler la philosophie qui sera mise en musique ces prochaines années.
Françoise Souliman a d’entrée de jeu promis, le 24 avril, que le vaste plan d’économies à l’oeuvre ne touchera pas ce budget précis, sanctuarisé par un « quoi qu’il en coûte sécuritaire ». Son mantra, « rétablir la paix publique rue par rue ».
Objectif : 600 policiers, en majorité sur le terrain

L’occasion de mettre un peu d’ordre dans les chiffres. La précédente équipe présentait à tort la police municipale comme « la première de France », ce qu’elle n’était plus depuis des années. Quitte à mentionner dans des prospectus « 1 000 personnels dédiés à la sûreté », un chiffre improbable qui comprenait les bénévoles du dispositif « papis-mamies trafic » et les vigiles intérimaires du marché de Noël.
Rien de bien neuf sous le soleil, la commune estime qu’il faut faire grimper les « 424 postes actuellement pourvus jusqu’à 600 », ce qui n’avait pas été atteint auparavant, faute de candidats en nombre suffisant (le coût de la vie sur la Riviera effrayant les plus motivés). Les ASVP passeront, eux, de 203 à 214 âmes.
Pas de renforts XXL tout de suite, mais davantage de « bleu dans les rues » tout de même. C’est en tout cas ce que fait valoir Françoise Souliman. « Nous passerons d’environ 50 équipages chaque jour sur le terrain à 100. Ce travail a déjà commencé. L’IA va nous permettre de redéployer des agents qui travaillent dans les bureaux ou devant les écrans du centre de supervision urbain (CSU)» sans que nous en sachions davantage sur les technologies évoquées par l’ancienne préfète.

Brigades spécialisées, notamment dans le Vieux-Nice
Toujours au rayon du plus concret, des brigades spécialisées sont confirmées : une « montée en puissance pour la cynophile », histoire de flairer les stups et autres produits dangereux, et une autre qui surveillera « les lieux festifs », en particulier dans la Vieille-Ville. Il est promis de « réinvestir » les cités, dont L’Ariane et Les Moulins. Un poste de police y ayant été ouvert par Éric Ciotti il y a une semaine, après une fusillade meurtrière.
Un « plan lumière » a été évoqué, avec un éclairage urbain bien plus costaud, notamment du côté de la Promenade des Anglais et des perpendiculaires de Jean-Médecin. Enfin, Françoise Souliman a « réitéré l’appel de Nice auprès de l’État pour obtenir de nouveaux policiers nationaux avec des affectations pérennes ». Ce que le préfet s’est bien gardé de chiffrer ces derniers jours, malgré l’agacement des syndicats.

En réaction, le groupe de l’opposition centriste représenté par l’ancien bras droit de Christian Estrosi a réclamé (sans se le voir promettre) un « groupe de travail transpartisan qui ne se contentera pas du minimum » puisqu’il regrette avec ces orientations « un manque d’ambition ».
Anthony Borré (Horizons) a appelé à rendre publics les chiffres de l’observatoire local de la délinquance, quartier par quartier, ce que sa majorité ne faisait pas elle-même. Il a aussi mis en garde la mairie sur ses appels du pied aux policiers de Seine-Saint-Denis, « puisque la condition des recrutements doit rester la qualité, l’exigence, plutôt que la quantité ». Des « postes mobiles » ont été réclamés, une proposition que l’exécutif n’a pas commentée.
HLM : désaccords majeurs
C’est sur la question des logements sociaux que le maire, Éric Ciotti (UDR), a repris le micro. « Monsieur Borré, vous nous rappelez les chiffres de vos soi-disant expulsions de délinquants dans notre parc social. J’ai échangé avec le préfet Laurent Hottiaux qui m’a indiqué qu’ils relèvent du fantasme, et qu’il y a en réalité beaucoup de squats…«
GAIDA a également occupé les débats. Ce groupement composé d’agents de sécurité non-armés est financé par la collectivité et Côte d’Azur Habitant pour veiller sur les parties communes et les abords des résidences. L’opposition estrosiste appelle à le renforcer, celle de gauche, par la voix de Patrick Allemand (PS), à le supprimer. Le maire est plutôt d’accord avec les socialistes : « GAIDA, je n’ai jamais compris la logique. C’est mieux que rien, certes, mais ce dont nous avons besoin ce sont des policiers municipaux armés et formés. »





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