Six mois après une violente embuscade tendue aux joueurs de l’OGC Nice devant leur propre centre d’entraînement, deux figures reconnues du mouvement ultra comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel. Ces deux suspects récidivistes sont accusés d’avoir organisé et participé à des agressions physiques contre des membres de l’équipe lors d’un retour de déplacement particulièrement mouvementé.
Une marée humaine encercle le bus de l’équipe locale. Le 30 novembre dernier, au retour d’une amère défaite concédée sur le terrain de Lorient sur le score de trois buts à un, les abords du centre d’entraînement azuréen se transforment en scène d’affrontements.
Environ trois cents supporters attendent l’effectif professionnel de pied ferme. Parmi cette foule hostile, les autorités judiciaires relèvent la présence de « nombreux individus porteurs de tenues noires », des hommes formellement « décrits comme surexcités » par les personnes présentes sur place lors de cette soirée chaotique.
Attaque contre les cadres du club
Au cœur de cet attroupement, la situation bascule rapidement dans la brutalité. Les attaquants Terem Moffi et Jérémie Boga, qui ont quitté l’institution dans les semaines suivant ces événements, ainsi que le directeur sportif Florian Maurice, sont directement pris pour cible par la foule.
Les deux joueurs professionnels, qui ont immédiatement déposé plainte auprès des forces de l’ordre, décrivent une scène de lynchage effarante. Ils « indiquaient avoir reçu des coups de poing, des coups de pied et des crachats tout en se faisant insulter », relate le parquet.
L’intensité de cette altercation nocturne laisse des traces importantes chez les victimes sportives. Une incapacité totale de travail d’une durée de cinq jours a d’ailleurs été médicalement constatée pour Terem Moffi à la suite de ce déchaînement de violence.
L’enquête s’est subitement accélérée ce jeudi avec l’interpellation de deux hommes nés à Nice, âgés d’une trentaine et d’une quarantaine d’années. Tous deux sont présentés par la justice comme « des leaders des ultras » du club.
Des armes saisies chez les agresseurs présumés
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, souligne que ces individus comparaissent dès ce lundi. Les poursuites engagées par le magistrat visent des « faits de violences aggravées et participation à un groupement préparant des violences ou dégradations ».
Ces mis en cause ne sont pas des inconnus pour la justice azuréenne. Ils ont déjà fait l’objet de condamnations pénales pour des débordements directement liés à des manifestations sportives.
Leur profil est fortement marqué par la récidive de ces actes. L’un des prévenus a écopé en janvier d’une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis, prononcée suite à des violences inacceptables infligées à un journaliste de Nice-Matin lors de la couverture d’une rencontre.
Les perquisitions menées aux domiciles révèlent la dangerosité potentielle des accusés. Chez le plus jeune suspect, les forces de l’ordre ont découvert un arsenal inquiétant incluant plusieurs couteaux à cran d’arrêt, deux bombes lacrymogènes et une matraque télescopique.
Une fin de saison marquée par les débordements
Ces découvertes matérielles influencent immédiatement les mesures de sûreté. Le trentenaire armé a logiquement été placé en détention provisoire à l’issue de sa garde à vue, tandis que le quadragénaire retrouve la liberté sous le régime d’un contrôle judiciaire strict.
Cette double comparution vient couronner un climat structurellement dégradé autour du football professionnel régional. Les dérives hors des stades s’accumulent dangereusement, à l’image de cette rixe massive impliquant des dizaines de supporters niçois le 21 mai, laissant un bilan de sept blessés, dont un grave, dans les rues de Paris à la veille d’une finale de Coupe de France perdue.
L’enceinte même du stade n’offre plus aucune garantie de sérénité. Quelques jours avant la bataille parisienne, des groupes d’individus avaient physiquement envahi le terrain après le match contre Metz, lors de l’ultime journée du championnat, générant de nouveaux affrontements intolérables.
C’est dans cette atmosphère plombée que le club a paradoxalement acté son maintien au sommet du football français. Vendredi, une victoire quatre buts à un face à Saint-Étienne a sécurisé la place de l’équipe en Ligue 1, lors d’un affrontement disputé à huis clos en guise de sanction pour l’ensemble de ces troubles.
Ce qui est important
- Deux suspects récidivistes, considérés comme des cadres du mouvement ultra niçois, doivent répondre des coups portés contre des joueurs de leur propre équipe.
- Les perquisitions policières ont permis la saisie de plusieurs armes blanches et d’équipements dangereux au domicile du prévenu désormais incarcéré.
- Ces violences en réunion s’inscrivent dans une spirale destructrice autour du club, rythmée par des batailles rangées à Paris et des envahissements de terrain.
Nice-Presse avec agence





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