Cinq jeunes femmes ont pris place mercredi au premier rang de la cour criminelle du Var pour affronter leur ancien compagnon, un consultant de 28 ans au parcours d’excellence. Il est accusé d’avoir étranglé ou drogué six de ses petites amies jusqu’à l’évanouissement pour les violer et les filmer à leur insu. Le jeune homme, arrêté en juillet 2023 après la découverte effroyable de ces vidéos par l’une des victimes, encourt vingt ans de réclusion criminelle.
Cheveux courts, chemise bleue et veste sombre, Fabien A. présente bien devant la cour criminelle du Var depuis l’ouverture des débats mercredi matin. Derrière cette façade lisse se cachent des accusations particulièrement lourdes. Ce jeune homme est poursuivi pour avoir agressé sexuellement six anciennes petites amies alors qu’elles étaient totalement inertes.
L’affaire a éclaté en juillet 2023 lors de son interpellation. Tout part de la plainte de Flavie, un prénom modifié pour les besoins de la procédure.
Des vidéos découvertes par hasard
Cette ancienne compagne a fait une trouvaille glaçante sur l’ordinateur du consultant. Elle y a visionné des enregistrements la montrant en train d’être violée, tout comme deux autres ex-petites amies du mis en cause. Sur ces images accablantes, les trois femmes apparaissent inconscientes.
Flavie est tombée sur ces fichiers en juin 2021. Il lui faudra attendre le mois de décembre de la même année pour réussir à quitter définitivement l’accusé.
Elle portera plainte un an plus tard. Le déclic s’est produit sur les bancs de la faculté, lors d’un cours de médecine consacré au viol qui lui a fait prendre conscience de la gravité des actes subis.
Les investigations ont ensuite permis d’identifier un total de six victimes. Cinq d’entre elles ont fait le choix de se constituer partie civile et se sont assises côte à côte mercredi, au premier rang de la salle d’audience.
Dès l’entame du procès, l’accusé a reconnu les viols et les étranglements. Il a formulé des regrets immédiats en déclarant : « Je n’aurais jamais assez d’une vie entière pour leur demander pardon ».
L’image trompeuse du gendre parfait
Les récits des jeunes femmes dressent le portrait d’un individu possessif et extrêmement insistant sur le plan sexuel. Il appréciait particulièrement de les étrangler pendant les rapports sexuels, ignorant purement et simplement leurs demandes d’arrêter.
Ces compressions du cou provoquaient régulièrement l’évanouissement. Plusieurs victimes ont raconté avoir repris leurs esprits en découvrant Fabien A. en train de les pénétrer.
Malgré ces violences répétées, la majorité d’entre elles ont partagé sa vie durant plusieurs mois. Une seule a fait exception avec une simple relation passagère.
Devant les enquêteurs, elles ont expliqué cette emprise par leur propre fragilité, des sentiments amoureux ou un manque flagrant d’expérience pour faire la part des choses.
L’environnement familial a parfois joué un rôle déterminant. Certains proches voyaient en cet homme le « gendre idéal », exerçant ainsi une pression sur les jeunes femmes.
Si aucune n’a ressenti les effets d’une soumission chimique, des expertises capillaires ont démontré l’inverse. Des traces de produits psychotropes ont été isolées sur les segments de cheveux correspondant aux périodes de vie commune.
Le trentenaire nie fermement avoir administré la moindre substance. Il maintient que seule la consommation d’alcool justifie l’état d’inertie visible sur les enregistrements.
Pourtant, au début de son incarcération, il avait chargé son père de transmettre un message aux victimes pour les dissuader de se soumettre à ces mêmes analyses de cheveux.
Un double visage à l’audience
Les perquisitions informatiques ont scellé le dossier. Les policiers ont extrait vingt-six vidéos et des centaines de photographies montrant des femmes inertes subissant des actes sexuels.
Ces images, initialement glanées sur Internet, relèvent d’un « fantasme malsain », selon les propres mots du prévenu.
Son parcours de vie jurait avec ces actes de violence. Élevé dans le camping de Puget-sur-Argens où son père était employé, il collectionnait les succès académiques et professionnels.
Une mention très bien au baccalauréat a précédé une licence d’économie, un engagement comme réserviste de la marine nationale et l’intégration d’une école de commerce prestigieuse.
Aujourd’hui, il pratique le théâtre et participe à des concours d’éloquence derrière les barreaux. Face aux magistrats, il a concédé cette fracture intime : « Il y a un Fabien qui a fait de son mieux, et un Fabien beaucoup plus sombre dans l’intime ». Le verdict de la cour criminelle du Var est programmé pour vendredi après-midi.





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