La grève des marins à Marseille se prolonge jusqu’à vendredi matin. En cause, des propositions jugées insuffisantes par les syndicats après une réunion avec l’État et les compagnies maritimes. Entre inquiétudes pour l’emploi, tensions en Corse et accusations de « dumping social », le mouvement perturbe fortement le trafic entre le continent et l’île.
Dans les ports, la tension ne retombe pas. Depuis plusieurs jours, les marins mobilisés maintiennent la pression pour obtenir des garanties concrètes. Et jeudi encore, après une nouvelle rencontre à la préfecture des Bouches-du-Rhône, la CGT a confirmé la poursuite du mouvement. Une situation qui prolonge l’incertitude pour les passagers comme pour les professionnels du secteur.
À Marseille, une réunion sans avancée décisive
Une réunion de conciliation s’est tenue jeudi matin à la préfecture des Bouches-du-Rhône, à Marseille. Autour de la table figuraient plusieurs syndicats, dont le SAMMM, le STC La Méridionale et la CGT marins Corsica Linea et La Méridionale, ainsi que les directions des deux compagnies et un représentant du ministère des Transports.
À l’issue de cette rencontre, le constat est resté inchangé pour les représentants des salariés. « On n’est pas satisfait des propositions faites par l’Etat et les compagnies », a déclaré à l’AFP Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille. Selon lui, les engagements présentés ne répondent pas aux attentes des personnels mobilisés.
Dans ce contexte, la grève est reconduite jusqu’à vendredi matin, dans l’attente d’«engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français ». Les syndicats réclament des garanties formelles sur l’avenir des postes et sur les conditions d’exploitation des lignes maritimes.
Emploi maritime et revendications au cœur du conflit
Au centre du mouvement, la défense de l’emploi maritime et du pavillon français. La CGT souhaite notamment une augmentation de la desserte vers l’Algérie par Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille. Elle demande également une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.
Le syndicat a formulé plusieurs revendications précises, parmi lesquelles l’«arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », ainsi que l’«interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers ».
Les marins demandent aussi un « engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP maritimes Corse-continent jusqu’à leur terme en 2030 ». Pour les syndicats, ces délégations de service public constituent un pilier essentiel pour la stabilité du secteur.
Blocages en Corse et perturbations du trafic
Le mouvement s’est également fait sentir en Corse. Jeudi, deux navires de Corsica Ferries ont été déroutés vers Propriano et L’Ile-Rousse, après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea.
« Les bateaux n’ont pas pu accoster à Ajaccio et Bastia et le premier a été dérouté vers Propriano et l’autre vers l’Ile-Rousse », a expliqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole du syndicat autonome des marins de la marine marchande. La capitainerie du port d’Ajaccio a confirmé que le port restait ouvert, malgré l’impossibilité pour le navire d’accoster.
La veille, des actions similaires avaient déjà perturbé les liaisons. Mercredi soir, plusieurs départs vers Toulon avaient été retardés de plusieurs heures à Ajaccio et Bastia. Pour les grévistes, il s’agissait d’«une action symbolique » destinée à dénoncer des pratiques jugées déloyales.
Dumping social et tensions entre compagnies
Les syndicats accusent Corsica Ferries de pratiquer un dumping social. La compagnie opère sous pavillon international italien, avec, selon eux, des conditions sociales moins favorables que celles appliquées par Corsica Linea, qui navigue sous pavillon français premier registre.
Antoine Sisco rappelle que cette différence de statut crée une concurrence jugée inéquitable. « C’était une action symbolique, pour dénoncer le dumping social », a-t-il souligné à l’AFP, en évoquant les blocages récents.
Pour les mêmes raisons, la CGT marins avait déjà bloqué lundi le navire de croisière MSC Orchestra dans la rade de Marseille. Une manière, selon le syndicat, d’alerter sur les risques pesant sur l’avenir du transport maritime français.
La semaine dernière, un préavis de grève de 48 heures avait été déposé afin de « sécuriser les emplois » chez Corsica Linea et La Méridionale. Depuis, la mobilisation se poursuit, dans l’attente de réponses jugées à la hauteur des enjeux par les marins.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.