Triplement récompensée au Concours Général Agricole 2026, Maison Gannac confirme son ancrage. L’entreprise familiale, installée depuis plus de 30 ans à Menton, a décroché trois médailles d’argent pour ses confitures et un arrangé au citron. À cette occasion, Adrien Gannac, le cofondateur aux côtés de son père Laurent, s’est confié à Menton-Presse.
Vous avez décroché trois nouvelles médailles. Qu’est-ce que cela change concrètement pour vous ?
Il y a forcément une grande fierté ! C’est la concrétisation d’énormément de travail, et cela apporte aussi une forme de légitimité et de reconnaissance pour les équipes. Nous sommes très identifiés sur les agrumes à Menton, notamment le citron. Mais par exemple, la médaille obtenue sur la confiture ne concerne pas un fruit IGP. Pourtant, c’est bien notre production, avec les mêmes exigences d’excellence.

On doit faire avec des coûts de production élevés, on n’a pas vraiment d’autres choix que d’aller chercher cette exigence. Cette reconnaissance nous aide auprès des partenaires comme des clients. Émotionnellement, c’est une vraie satisfaction. Commercialement, cela facilite la communication.
Le jury a salué « l’équilibre aromatique et la précision des textures ». Votre recette ?
On travaille avec des cuissons lentes et des macérations longues. L’idée, c’est de sublimer le fruit, jamais de l’agresser. On ne cherche pas la rentabilité à tout prix. Si on doit mettre plus de fruit pour atteindre le bon équilibre, on le fait.
Il n’y a pas de raccourci, pas de solution de facilité. Chez nous, il n’y a ni arôme, ni conservateur, ni colorant. C’est un travail artisanal, avec une vraie volonté de mettre en avant la qualité du produit. Et puis il y a la dégustation. Elle est essentielle. On fait goûter, on sollicite des retours, de chefs, de clients ou de jurys. Au final, c’est le palais qui décide.
Produire localement est-il devenu plus difficile ?
Ce que je vois depuis dix ans, c’est que l’on enchaîne les crises. Quand je suis arrivé, il y avait les mouvements sociaux, puis les « gilets jaunes », le Covid, le gel, la guerre en Ukraine, l’inflation… L’entrepreneuriat n’a jamais été simple.

Mais en parallèle, on sent aussi que les gens recherchent davantage de sens. Ils veulent soutenir des producteurs locaux, retrouver des produits authentiques. Quand on vient chez Gannac, on vient pour du produit brut, transformé avec un savoir-faire.
Comment s’organise votre atelier ?
Nous sommes une trentaine de salariés. Trois personnes travaillent sur la partie agricole, et plus de vingt-cinq sur la transformation, la logistique, la communication et la vente. C’est un travail d’équipe.
On peut avoir le meilleur produit du monde, si la présentation ou l’accueil ne suivent pas, le client ne s’y retrouve pas. Chaque maillon compte. Dans une entreprise comme la nôtre, il n’y a pas de rôle secondaire. Tout doit aller dans le même sens.
Comment analysez-vous l’évolution de la filière dans les prochaines années ?
Je suis plutôt optimiste. Il y a une nouvelle équipe municipale, on va travailler avec eux dans l’intérêt du citron de Menton.
Il y a des avancées importantes sur l’IGP. Le cahier des charges est en train d’évoluer, notamment pour intégrer une catégorie de transformation. Cela permettra de valoriser des fruits aujourd’hui déclassés, alors qu’ils sont excellents. C’est le fruit d’un travail collectif, notamment de l’Association pour la promotion du citron de Menton. On devrait voir les effets rapidement, peut-être dès cette saison ou la suivante.



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