Entre une succession d’épidémies hivernales, des conditions météorologiques dégradées et la grève des médecins libéraux, l’hôpital public traverse une période de très fortes tensions. Urgences saturées, appels au Samu en nette hausse, maternités sous pression : partout en France, les établissements font face à un afflux inédit de patients. Malgré tout, les représentants hospitaliers assurent que le système tient, porté par une mobilisation qu’ils qualifient d’exceptionnelle.
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Dans de nombreux territoires, la situation est décrite comme « très tendue ». La concomitance de la grippe, de la bronchiolite et du Covid, aggravée par des épisodes de neige et de vents violents, a orienté un nombre croissant de Français vers l’hôpital, alors même que la grève des médecins libéraux, lancée le 5 janvier, se poursuit. Les Samu, les urgences et certaines maternités sont directement concernés.
Urgences sous pression et appels au Samu en forte hausse
Jeudi dernier, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a reconnu des tensions dans tous les services d’urgences du pays. Elle a évoqué une augmentation de 24% des appels au Samu par rapport au début du mois de décembre. Les représentants des urgentistes avancent, eux, des chiffres encore plus élevés, estimant cette hausse entre « 30 à 50% ».
Sur le terrain, la pression se fait sentir de manière très inégale mais parfois aiguë. « C’est très tendu », et même « pire que la semaine dernière » dans certains secteurs, a alerté Agnès Ricard-Hibon, représentante du syndicat Samu Urgences de France. Elle cite notamment des situations critiques à Toulon, Nice, Troyes, dans les Bouches-du-Rhône ou encore en Vendée.
Plans blancs et établissements en tension dans l’hôpital public
La Fédération hospitalière de France a recensé 28 « plans blancs » activés, ainsi que 108 établissements en tension sur la semaine écoulée. Selon l’organisation, la grève des médecins libéraux n’est toutefois que le troisième facteur explicatif, derrière les épidémies saisonnières et les aléas météorologiques.
Depuis plusieurs jours, plus de 1.500 chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs et gynécologues-obstétriciens se sont rendus à Bruxelles pour un « exil symbolique ». Par cette action, ils entendent démontrer que le secteur libéral est « indispensable », notamment au regard de la surcharge actuelle de l’hôpital public.
À Toulouse, une affluence record et des maternités sous tension
À Toulouse, où environ 50% de l’activité des urgences est habituellement assurée par le privé, la grève des cliniques a provoqué une véritable « déferlante » de patients au CHU. Lundi, le service a enregistré 540 passages adultes, soit une hausse de près de 60%, un niveau inédit.
« On s’est mis en ordre de marche », explique la cheffe de service Sandrine Charpentier. Des lits ont été libérés et de nombreux personnels sont venus renforcer les équipes, parfois de façon spontanée. La maternité du CHU est également affectée : la ville ne disposant que d’une seule maternité publique, l’établissement ne peut assurer qu’un tiers des accouchements habituels.
Depuis mercredi, les maternités privées transfèrent leurs patientes vers le public. Le volume d’accouchements a ainsi augmenté de plus de 50%, dépassant les 25 naissances sur une seule journée, contre 13 à 14 en temps normal. Le CHU avait anticipé en ouvrant quatre salles d’accouchement supplémentaires et douze lits de suites de naissance, saluant « l’élan de solidarité dingue » des équipes.
Réquisitions, contestations et hôpital en première ligne
Dans d’autres grandes villes, comme Marseille et Aix-en-Provence, presque toutes les maternités privées sont en grève. Les autorités ont toutefois procédé à de nombreuses réquisitions de médecins afin de maintenir une activité jugée quasi normale. Certaines de ces réquisitions devraient être contestées en justice, car considérées comme abusives.
En Île-de-France, 212 médecins ont été réquisitionnés sur une seule journée, dont 24 exerçant en maternités privées. Treize établissements ont activé leur plan de mobilisation interne, sans déclencher de plan blanc. Au niveau national, la Fédération hospitalière de France se veut rassurante : « La situation reste gérable, l’hôpital public tient bon », rappelant toutefois que ces épisodes mettent en lumière une réalité structurelle : l’hôpital public demeure en première ligne en permanence.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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