Municipales 2026. Conseiller régional du Rassemblement national, Laurent Merengone annonce dans Nice-Presse Dimanche qu’il a été appelé par Éric Ciotti pour rejoindre sa liste « Le meilleur est à venir » et devenir l’un de ses adjoints en cas de victoire. Il détaille sa vision pour le tourisme, le logement, la sécurité et les JO d’hiver 2030.
Nice-Presse : On a le sentiment que les Niçois ne sont pas encore vraiment entrés dans la campagne. Ressentez-vous un vrai dynamisme sur le terrain ?
Laurent Merengone : Les campagnes municipales se jouent surtout sur les deux derniers mois. Je comprends que les Niçois aient la tête ailleurs. On a un gouvernement instable, des institutions fatiguées… Pour autant, sur le terrain, j’ai d’excellents retours. On sent que « la mayonnaise prend » avec Éric Ciotti.
J’ai déjà organisé plusieurs réunions avec lui et des chefs d’entreprise. Il y avait plus de monde que de personnes invitées, c’est un bon indicateur. Et dans mon quotidien d’agent immobilier, des gens qui ignorent que je fais de la politique me disent spontanément qu’il faut que ça change ! Le rejet de Christian Estrosi est assez massif…
La liste d’Éric Ciotti est présentée comme très ouverte, avec des Niçois issus de la société civile et de tous les bords politiques, le centre et même la gauche. N’est-ce pas donner raison à ceux qui estiment que « Estrosi-Ciotti », c’est la même chose ?
Il y a une grande différence entre nous. D’abord de méthode. Éric Ciotti est connu pour être un bon gestionnaire. On l’a vu au Département. Aujourd’hui, il y a une gabegie financière réelle à la Ville. La destruction d’Acropolis, c’est une erreur majeure. Entre la démolition et ce qui est reconstruit pour la Coulée verte, on parle d’environ 500 millions d’euros pour les contribuables. Ce n’était pas un projet viable économiquement. On voit aussi que l’on rectifie des décisions comme le double sens sur le Quai des Etats-Unis. Il a fallu deux condamnations pour que Christian Estrosi revienne en arrière… On perd du temps, on perd de l’argent.
Quai des États Unis, nous avons avec Jean-Michel Bidart, président du comité de quartier du port, symboliquement inauguré le retour du double sens !
— Eric Ciotti (@eciotti) November 28, 2025
Bravo à tous les niçois mobilisés pour cette belle victoire du bon sens sur l’idéologie ! pic.twitter.com/HPoqhVU1mw
Côté RN, seuls quelques élus seraient présents sur la liste, le logo ne serait pas présent sur les affiches… N’avez-vous pas l’impression d’être mis à l’écart ?
L’idée d’Éric Ciotti de faire une liste ouverte est la bonne. Une municipale, ça se gagne en deux tours, avec un large rassemblement. Beaucoup de maires RN, ailleurs, ne mettront pas forcément leur logo en énorme sur les affiches. Ce sera surtout la rencontre d’un homme avec ses citoyens.
On vit une alliance, qui fonctionne très bien. On a des réunions toutes les semaines avec les cadres d’Éric Ciotti et avec lui. Les chiffres avancés dans la presse sur « quatre ou cinq représentants maximum du RN sur la liste » ? C’est une fausse information ! Je peux d’ailleurs vous l’annoncer : j’en ferai partie, en position éligible, pour devenir adjoint si nous gagnons.
Quels dossiers aimeriez-vous porter ?
Le tourisme, par exemple. Je suis né ici, j’ai de vraies attaches dans cette ville, je connais bien le milieu de l’hôtellerie et de la restauration. Je pense que l’on peut redonner à Nice une image internationale plus forte. Il ne s’agit pas de tout balayer, des choses ont été faites. Mais il faut améliorer l’accueil, la qualité de service, promouvoir un véritable label de qualité.
Je suis aussi investi à la Région sur le développement économique. C’est un autre domaine qui m’intéresse. L’attractivité de Nice ne se résume pas à la carte postale, elle se joue aussi sur les entreprises que l’on arrive à faire venir et à garder.
Justement, ce virage « haut de gamme » à Nice, réussi, avec la multiplication des hôtels 4 et 5 étoiles, qu’en pensez-vous ?
Il faut de la mixité. Le luxe a sa place, mais il ne peut pas être la seule vitrine. Les hôteliers haut de gamme et les restaurateurs tirent un bon bilan, tant mieux pour eux. Mais je doute qu’ils se réjouissent tous de la destruction d’Acropolis, par exemple. Les restaurateurs du quartier peuvent vous le dire.
La majorité actuelle affirme, comme le dernier palmarès de Valeurs Actuelles, que Nice est l’une des grandes villes qui s’en sort le mieux en matière de sécurité. Vous partagez ce constat ?
Par rapport à Marseille, peut-être (sourire). Sur le terrain, ce que je vois, c’est qu’il n’y a pas assez de policiers municipaux dehors. Une réorganisation s’impose, et là-dessus nous sommes alignés avec ce que propose dans Nice-Presse notre future adjointe à la sécurité, Françoise Souliman.
Et puis, demandez aux gens s’ils se sentent en totale sécurité à 23 heures sur les quais des États-Unis ou sur Jean-Médecin. J’ai beaucoup de personnes âgées qui me disent : « Avant, j’aimais aller au théâtre ». On n’en a plus en centre-ville, on l’a rasé (partiellement remplacé par la petite salle du TNN dans le Vieux, et la grande, aux Moulins, ndlr). Vous imaginez ces personnes prendre le tram jusqu’à l’ouest, ressortir à 23h près du CADAM ? Le sentiment d’insécurité est réel.
Vous êtes à la tête d’une agence immobilière. À Nice, la crise du logement est palpable. Comment y remédier ?
C’est un constat avant tout national. À Nice, on a un marché à deux vitesses. Les biens d’exception se vendent, mais les actifs, les fonctionnaires, ont de grandes difficultés à se loger. J’ai des exemples de personnes mutées à Nice qui refusent le poste parce qu’elles ne trouvent pas de logement.
Les promoteurs, eux, ont de plus en plus de mal à obtenir des permis, avec des normes environnementales et de construction toujours plus drastiques. Je ne dis pas qu’il ne faut pas d’écologie, mais il faut aussi du pragmatisme. Sur le DPE, avec le RN, nous nous battons pour qu’il reste informatif, pas punitif. Empêcher des propriétaires de louer parce que leur bien est en E ou F, alors qu’il manque des centaines de milliers de logements, c’est une aberration. Il faut accompagner les rénovations, pas sanctionner à l’aveugle !
Vous évoquez la rénovation et la surélévation. C’est vraiment une piste à mener à Nice ?
Oui, partout où c’est techniquement possible. Quand les immeubles sont suffisamment solides, on peut envisager une surélévation d’un ou deux étages, sans dénaturer l’architecture ni l’harmonie des sites. On a déjà des exemples réussis, comme à côté de La Poste, à Wilson. Il y a aussi tout un travail à mener sur les immeubles dégradés, quasi à l’abandon.
Vous êtes aussi très investi sur le dossier des Jeux olympiques d’hiver 2030. Quel est votre position ?
Depuis mon arrivée au Conseil régional en 2021, c’est l’un des premiers dossiers sur lesquels je suis intervenu. J’ai alerté le président Renaud Muselier dès le départ sur la nécessité d’imposer des garde-fous budgétaires. Plus récemment, je l’ai interpellé sur le projet de patinoires éphémères dans l’Allianz Riviera, avec transformation du stade. Elles seraient construites pour quinze jours, démontées ensuite, pour un coût exorbitant. On prive également l’OGC Nice de son stade. C’est une hérésie économique et écologique.
Vous aviez proposé un « plan B » pour les patinoires. Qu’en est-il ?
Je le défends toujours. En 2000, le Palais des Expositions a déjà accueilli les Championnats du monde de patinage artistique. Mon idée, c’est une patinoire à l’intérieur, une deuxième sur une nouvelle dalle construite derrière, en couverture du Paillon et une vraie rénovation de Jean-Bouin pour en faire le site d’entraînement et un équipement durable en centre-ville. La dalle et la couverture, financées en partie par les JO, ne seraient pas perdues. Elle servirait ensuite à relancer des évènements dans le centre-ville. C’est moins « bling-bling » que la nouvelle patinoire à côte de l’Allianz Riviera, mais c’est beaucoup plus raisonnable. Et cela permettrait de dynamiser la ville pendant la durée des Jeux. Hôtels, restaurants et commerces en profiteraient directement.
Vous aviez aussi évoqué une solution à Monaco. Est-ce toujours d’actualité ?
La fin des travaux arriverait après 2030, donc c’est malheureusement une option mise de côté.



Félicitations Laurent !
Voir ton nom sur la liste D’Eric Ciotti, c’est une belle étape pour toi et une fierté pour ceux qui te connaissent
En avant pour la campagne !