Récemment missionnée par l’Élysée pour plancher sur la protection du futur G7, longtemps préfète, Françoise Souliman a rejoint vendredi la campagne niçoise d’Éric Ciotti (UDR-RN). S’il l’emportait, elle serait nommée à la tête de la sécurité municipale. Mais avec quel plan de bataille ?
Municipales 2026 - Après une carrière préfectorale, vous vous lancez dans une campagne électorale, avec l’un des rôles les plus exposés auprès d’Éric Ciotti. De quelle façon vous êtes-vous retrouvée dans cette aventure ?
Il y a vingt ans que ça dure ! Déjà, nous avions travaillé sur le dossier de la sécurité. J’étais en poste à la préfecture des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti au conseil départemental (sous la présidence Estrosi, NDLR). Ensemble, nous avions planché sur la construction du commissariat des Moulins, et sur tant d’autres choses. Les années ont passé mais nous avons gardé contact. Le rejoindre était une évidence. Nous partageons les valeurs du gaullisme : j’ai travaillé aux côtés de Pasqua, ma première (et seule) carte de parti, je l’avais prise chez les jeunes RPR, pour mes dix-huit ans…
Cette entrée dans le grand bain politique fait réagir. Le principal journal de votre dernier territoire préfectoral, L’Est Républicain à Nancy, étrille votre choix. « Rejoindre l’extrême droite » serait par exemple très contestable après avoir servi l’État pendant des décennies. Que répondez-vous ?
Que je suis et resterai une femme libre. C’est Éric Ciotti que je rejoins, pour rétablir la sécurité à Nice. Je ne serai jamais d’extrême droite, et je ne compte même pas m’inscrire auprès d’un parti.
Votre bilan contre le narcotrafic ne serait pas brillant non plus…
En 2024, l’année où j’étais en poste du 1er janvier au 31 décembre, la délinquance générale a reculé de 3%. Début 2025, nous avions fait saisir cinquante kilos de cocaïne. Démanteler ces filières prend du temps et demande de la patience. Mais le travail a été fait et les chiffres le démontrent.
L’entourage de Christian Estrosi critique votre analyse locale, parce que vous seriez parachutée, sans lien avec Nice. Y êtes-vous installée ?
J’y ai une résidence secondaire depuis trois ans, où j’essayais de passer le week-end une fois tous les deux mois, ce qui n’était pas évident quand on dirige une préfecture. Désormais, je vis à plein temps ici. Mieux, c’est ma ville de coeur et je compte y finir mes jours.
Pourquoi ?
Parce que sa qualité de vie est exceptionnelle, son charme incomparable et les Niçois sont extrêmement attachants. Mais ils méritent d’être réellement protégés.
Ils ne le sont pas ?
Je me balade dans les rues et je ne croise pas tellement la police municipale. Où sont les agents ? Dans des bureaux ? Il y a un « trop-caméras ». Non pas qu’elles seraient inutiles dans l’absolu, mais parce qu’elles sont mal gérées. Mon mari s’est fait voler sa carte bleue dans le tramway, en plein centre, et les individus n’ont jamais été retrouvés. De quelle sûreté nous parle-t-on ? Éric Ciotti lancera un vaste audit de la police municipale dès son élection pour que les agents, de qualité, puissent enfin travailler correctement.
Comme tout le monde, je lis les chiffres de la délinquance dans Nice-Presse. Ils ont galopé. On fait nettement moins bien que les autres grandes communes. Certes, la ville est plus exposée que d’autres, parce qu’elle attire beaucoup de touristes et qu’elle compte plusieurs quartiers à problèmes. Mais ce que l’on risque, c’est une bascule vers une situation à la marseillaise.
Je suis très heureux d’annoncer aujourd’hui que Françoise Souliman, grande préfète et jusqu’à peu en charge de la sécurité du G7, nous rejoint en tant que future adjointe à la sécurité ! pic.twitter.com/bd1ZNsa6Ou
— Eric Ciotti (@eciotti) November 21, 2025
Valeurs Actuelles et Le Parisien ont comparé les grandes agglos en se basant sur les chiffres de la police. Nice apparaît comme l’une de celles qui seraient les plus épargnées par la violence. Ne dramatisez-vous pas les choses pour créer un effet « peur sur la ville » ?
Je ne suis pas là pour inquiéter les Niçois. Je viens les rassurer. On peut faire bien mieux, ce sont les habitants qui nous le disent. Personne n’est serein la nuit le long de Jean-Médecin ou dans le Vieux. Des SDF traînent, des bandes alcoolisées… On devra appliquer prévention et répression, avec un juste équilibre.
Le préfet Moutouh avait dévoilé des chiffres selon lesquels les personnes étrangères représentent plus de la majorité des auteurs pour ce qui est de la délinquance de voie publique. Fallait-il publier ces données, et surtout, qu’en faire ?
Appliquer la loi. Ceux qui sont en règle doivent faire de la prison en France. Ceux qui ne le sont pas doivent être expulsés. C’est loin d’être toujours le cas. Mais publier ces chiffres n’a rien changé au schmilblick.
Une énième fusillade a éclaté dans la cité des Moulins il y a un mois. Que pourriez-vous réellement lancer contre la pieuvre du narcotrafic ?
Le sujet numéro 1, c’est la réponse pénale. Puis, pour aider ou pour sanctionner, le maillage très fin entre les collectivités, les forces de l’ordre, le Parquet, les partenaires, les bailleurs sociaux…
Côte d’Azur Habitat a expulsé 300 délinquants ou « proches de » depuis 2021. Vous approuvez ?
Bof. Expulser quelqu’un des Moulins pour le retrouver aux Liserons ou à L’Ariane, ça ne révolutionne rien.
Que peut faire la Ville ?
Contre la délinquance, je parie notamment sur les nouvelles technologies. Nous ferons un énorme pas en avant avec l’intelligence artificielle. En janvier, nous présenterons notre programme complet face à l’insécurité. Vous verrez, nous innoverons !







Aux côtés de Pasqua, avec maison secondaire ici. On est servi, ouvrons les portes de notre provence, avec son huile d’olive, ses parfums, la convivialité de ses bars. La répression sur les SDF ? On a eu une méthode à Rio d’antan, c’était les avions avec personne, on mettait les SDF dans les avions pour l’atlantique, dans les registres il n’avait personne dans l’avion. Le crime de SDF, on appelait cela la Flanerie, dans ce Rio d’antan avec un Carnaval de Rue.