Il s’agit presque d’un rituel : à chaque dévoilement de statue dans un square ou sur une place son lot de polémiques locales. Mais l’hommage rendu à Jeanne-d’Arc a plutôt, lui, conquis, nos lecteurs.
« C’est le sursaut et le grand destin français ». Le maire s’est fait lyrique la semaine passé, au moment de dévoiler la grande statue de Jeanne-d’Arc, dans le nouveau jardin éponyme. La sainte guerrière a pris place, quelques instants, face à l’église qui porte, elle aussi, son nom. En cette seconde semaine des vacances de la Toussaint, elle est partie entre les mains d’artisans pour recevoir ses feuilles d’or.
Commandée par la régie métropolitaine des parkings, l’oeuvre présente la Pucelle d’Orléans en majesté, à cheval et tenant son épée telle une croix catholique. Mais il ne faut pas y voir de symbole politique, assure Christian Estrosi, la bergère « appartient à tous les Français ». Tout en glissant que « dans d’autres grandes villes françaises, on est tentés de déboulonner des statues, eh bien à Nice, nous célébrons Jeanne-d’Arc ».
Du haut de ses 2,3 mètres de bronze - elle devait être juchée sur un socle par ses créateurs de l’atelier niçois Missor, ce n’était pas le cas mercredi - elle fait déjà beaucoup réagir nos lecteurs.
« La statue est très jolie » salue Many. Pour Maryze, avec « l’épée présentée en croix, Nice assume ces racines chrétiennes !» « Félicitations » abonde Jeannine Giletta. Annie : « Très belle réalisation, bravo ». Pour Pierrot, « Jeanne d’Arc, c’est notre culture, notre identité, notre pays ». Nathalie trouve que cela fait « un peu Reconquista ». Un autre lecteur pointe « une laïcité à géométrie variable ». L’église porte ce nom, « donc pourquoi râler pour la statue du même nom !» ironise plutôt Josette. Quelques autres disent préférer une oeuvre commémorant Catherine Segura : une stèle existe déjà, rue Sincaire. Notamment.
La gauche y voit « une provocation«
Du côté du collectif de gauche Viva!, on dénonce « une provocation absurde », « une énorme statue pour une sainte ! Et qui va coûter très-très cher aux contribuables ». Réponse de Gaël Nofri, président de Parcazur, qui a commandé l’oeuvre : « le tarif est celui du bronze, quasiment à prix coûtant en réalité (170.000 euros). Ce n’est ni le budget de la Ville, ni celui de la Métropole qui est utilisé, c’est celui de Parcazur, où l’impôt des ménages d’abonde pas ». L’opposition écologiste a, elle, transmis le dossier entre les mains du Procureur, puisqu’elle estime qu’une mise en concurrence aurait dû être lancée. Là aussi, réplique : « La loi ne nous y oblige pas. Nous nous sommes tournés vers des professionels qui ont l’habitude de réaliser des sujets historiques. Et tant qu’à faire, vers un atelier local ».






