Non loin de Nice, Antibes est l’un des principaux foyers où le chikungunya s’est développé en Provence-Alpes-Côte d’Azur, une situation « sans précédent ». La capitale maralpine avait lancé son plan antimoustique en juin dernier.
Dans son dernier bilan, qui remonte au 24 septembre, Santé publique France recensait 570 cas de chikungunya répartis en 65 foyers à travers tout le pays. Si un tiers de ces foyers sont désormais « clos », l’inquiétude concerne tout de même neuf régions. Dans son rapport, l’agence s’alarme de la situation en Auvergne-Rhône-Alpes, Corse, Île-de-France, Occitanie, et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Des administrations « déjà affectées les années précédentes ». Sont également sous surveillance la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val-de-Loire, le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine.
Sur la Riviera, l’alerte vise particulièrement Antibes. Dans ce principal noyau d’infection métropolitain, 103 cas ont été catalogués, soit un peu moins d’1/5 de ceux relevés dans l’Hexagone. Une « situation exceptionnelle », d’après les autorités, bien qu’il ne s’agisse « pas d’une épidémie », a précisé Olivier Brahic, directeur adjoint de l’ARS de Provence-Alpes-Côte d’Azur, la semaine passée.
Pièges
Face à ce « cluster », qui tracasse les Antibois, Nice doit pareillement se montrer vigilante. Au mois de juin, la municipalité avait présenté son « plan antimoustique ». Car rappelons que ce virus est transmis à l’Homme par le moustique tigre. Dans ce programme, nous retrouvions par exemple la pose de 66 pièges dans les différents quartiers.
On en retrouve notamment dans les zones fréquentées par les publics les plus fragiles, comme les EHPAD et les crèches, ainsi que les écoles. Dans l’établissement élémentaire Saint-Isidore, par exemple, on retrouve des pièges pondoirs. Ce système attire les insectes femelles, où elles sont capturées.
Brigade spéciale
Au-delà de ces pratiques, une brigade antimoustique se rend chez les citoyens victimes de nuisances pour constater, conseiller et installer des traquenards pour ces bestioles invasives.
Il est aussi question de financer une thèse sur ce sujet, en partenariat avec l’Université Côte d’Azur. Un formulaire en ligne existe pour signaler la présence de ces bêtes.
Actuellement, deux secteurs de la Baie des Anges font l’objet d’une expérimentation : Cimiez et le port, ainsi que colline du Château. Depuis cet été, et pendant cinq mois, les observations portent sur l’identification et la cartographie des zones de nuisances et les lieux de ponte. Un document actualisé tous les quinze jours.
On y traite par ailleurs les gîtes larvaires toutes les deux semaines. Si cela fonctionne, le principe sera étendu en 2026.
Selon le maire, Christian Estrosi, ce plan a empêché la prolifération de « dix millions de moustiques depuis juin ». Mais l’élu azuréen met tout de même en garde, il faut en effet maintenir ces mesures : « veille sanitaire, pièges, stratégie vaccinale et parcours patient adapté. »



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.