Quatre jeunes, dont trois mineurs, ont été mis en examen pour leur implication présumée dans l’agression à l’arme lourde d’un gendarme de 26 ans, survenue le 10 mai dernier à Aix-en-Provence. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire. L’enquête, menée par le parquet de Marseille, met en lumière les mécanismes d’un commando structuré, agissant avec préméditation et une extrême violence.
Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a détaillé jeudi les charges retenues contre les suspects : le tireur présumé, âgé de 18 ans, un complice de 17 ans chargé de filmer la scène et un autre jeune de 17 ans, chauffeur du fourgon utilisé lors des faits, sont poursuivis pour « tentative de meurtre en bande organisée avec préméditation et sur personne dépositaire de l’autorité publique ». À cela s’ajoute la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un recel de vol en bande organisée ».
Un commando structuré, une attaque d’une extrême violence
La quatrième mise en cause, une adolescente de 17 ans sans antécédents judiciaires, a été identifiée comme ayant participé à la logistique de l’opération. Elle a été mise en examen pour « association de malfaiteurs » et placée sous contrôle judiciaire. Tous les jeunes sont originaires du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence. Ils ont reconnu l’ensemble des faits reprochés, selon le parquet.
Le procureur précise que certains d’entre eux sont « en rupture d’études, sans formation et sans emploi ». Le tireur, déjà condamné par un juge des enfants à Avignon pour détention de stupéfiants, outrage et rébellion, aurait expliqué aux enquêteurs qu’il était « en difficulté financière et recherchait des petites missions à faire ».
Les faits se sont déroulés le 10 mai, peu avant 01h00 du matin, dans la cité Encagnane à Aix-en-Provence. Alors qu’il rentrait chez ses parents, un gendarme hors service, membre de la Garde républicaine, croise un fourgon noir roulant à contresens. À son bord, trois individus. Deux d’entre eux s’approchent, dont un armé d’une Kalachnikov.
Le militaire tente de désamorcer la situation en se mettant à genoux, affirmant qu’il n’a « rien à voir » avec leur opération. En vain. Il est violemment frappé à la tête avec la crosse de l’arme, reçoit un coup de pied, puis est aussitôt la cible de plusieurs tirs.
Onze balles tirées, une survie quasi miraculeuse
Touché une première fois, le gendarme parvient néanmoins à se relever et à fuir, mais il est rapidement rattrapé. Ses agresseurs lui assènent une « balayette », avant de tirer une nouvelle rafale de Kalachnikov. En tout, il reçoit onze balles : huit dans la fesse gauche, une au tibia gauche, une au pied gauche et une dans le dos.
Selon le procureur Nicolas Bessone, la victime a survécu grâce à « une condition physique assez exceptionnelle ». Le militaire a subi plusieurs interventions chirurgicales. Le mobile exact de l’agression reste à préciser, mais le magistrat n’exclut pas qu’il ait été pris pour cible en raison de sa fonction.
Zones d’ombre ?
Si l’identité du gendarme était connue de certains jeunes du quartier – il avait déjà été insulté – l’agression pourrait aussi s’inscrire dans un autre cadre. « Un certain nombre d’éléments (…) pourraient aussi laisser penser qu’il s’agissait d’un coup de force (…) sur un point de deal dans le cadre d’une prise de contrôle territoriale », avance le procureur.
Selon cette hypothèse, les jeunes, ayant échoué dans leur opération initiale, se seraient rabattus sur la première personne croisée. « Quelle que soit l’hypothèse, elle est d’une extrême gravité », a insisté Nicolas Bessone, soulignant la nature préméditée et le haut degré de violence de l’attaque.
Avec AFP



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