L’examen du projet de loi constitutionnelle portant sur l’autonomie de la Corse, retardé par les discussions sur le budget, pourrait être étudié « au début de l’année 2026 », a annoncé vendredi le président autonomiste du Conseil exécutif de l’île, Gilles Simeoni, à la suite d’un échange avec le Premier ministre Sébastien Lecornu.
« Sur la forme et sur le fond », la rencontre avec le Premier ministre, d’une durée de près de deux heures, a été « extrêmement positive », a indiqué M. Simeoni devant quelques journalistes. Il a souligné la « volonté claire » de M. Lecornu « de respecter y compris le calendrier, en tenant compte néanmoins des contraintes » liées aux débats budgétaires.
Le Premier ministre, désormais en charge du dossier corse – auparavant géré par le ministère de l’Intérieur – souhaiterait que le texte de révision constitutionnelle soit examiné dès le début de l’année 2026. Il compte pour cela consulter les présidents des deux chambres, Gérard Larcher pour le Sénat et Yaël Braun-Pivet pour l’Assemblée nationale, afin de déterminer si cette inscription interviendra avant les élections municipales ou, plus vraisemblablement, juste après.
Un calendrier politique resserré autour de l’autonomie corse
Les élections municipales sont prévues les 15 et 22 mars prochains. Le projet de révision constitutionnelle, visant à renforcer l’autonomie de la Corse « dans la République », a été validé en Conseil des ministres le 31 juillet, malgré les réserves émises par le Conseil d’État. Il devait initialement être examiné par le Sénat en octobre, puis transmis à l’Assemblée nationale.
Dans l’attente de cette étape, Gilles Simeoni a exprimé sa volonté « d’approfondir le débat en Corse et avec le gouvernement sur deux dimensions » de la future autonomie : « la question budgétaire, financière et fiscale » ainsi que « la question économique et sociale ».
Selon M. Simeoni, Sébastien Lecornu a également affirmé son intention « d’abonder la dotation de continuité territoriale dans les proportions nécessaires », soit 60 millions d’euros. Cette somme correspond à une rallonge budgétaire prévue dans un amendement adopté fin octobre par la commission des finances de l’Assemblée nationale. Ce financement, traditionnellement versé par l’État à la collectivité de Corse, vise à soutenir le transport public aérien et maritime.
- Ce qu’il faut retenir : L’examen du projet sur l’autonomie corse devrait avoir lieu début 2026. Le gouvernement veut respecter ce calendrier malgré les contraintes budgétaires. Gilles Simeoni salue un dialogue renforcé avec Paris sur les aspects économiques et financiers de cette réforme.
Avec AFP






