Décédée dimanche à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot laisse derrière elle une trajectoire artistique hors norme, mais aussi un long compagnonnage politique marqué par des prises de position assumées, qu’elle a toujours justifiées par un engagement prioritaire en faveur de la cause animale.
Au fil des années, Brigitte Bardot a multiplié les marques de soutien à Marine Le Pen, qu’elle voyait comme « la Jeanne d’Arc du XXIe siècle ». En 2012, elle appelait ainsi les maires de France à accorder leurs parrainages à la candidate à l’élection présidentielle et annonçait voter pour cette « femme admirable ».
Avant la présidentielle de 2017, elle réitérait encore son appui : « Marine Le Pen, je l’aime beaucoup et depuis longtemps ». Elle estimait que cette responsable politique était capable de « reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français ».
Éric Ciotti réclame un hommage national pour Brigitte Bardot : quels sont les arguments de ceux, à gauche, qui dénoncent son idée ? https://t.co/Cj0UtB87tL pic.twitter.com/Vj4lktTDOb
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) December 29, 2025
Dimanche, Marine Le Pen a salué sa disparition sur X : « Le départ de Brigitte est un chagrin immense », tandis que Jordan Bardella, président du RN, rendait hommage à « une ardente patriote ».
Jean-Marie Le Pen, un hommage ancien et assumé
Dès 1996, dans sa biographie Initiales B.B., Brigitte Bardot rendait hommage à Jean-Marie Le Pen, le qualifiant d’«un homme charmant, intelligent, révolté comme moi par certaines choses ». Elle ne cachait pas partager ses idées contre « la poussée terrifiante de l’immigration ».
C’est d’ailleurs chez lui qu’elle avait rencontré son quatrième mari, Bernard d’Ormale. Par la suite, Jean-Marie Le Pen et sa fille ont régulièrement salué l’ancienne actrice, comme à l’été 2016, lorsque Marine Le Pen affirmait : « Les plages françaises sont celles de Bardot et Vadim », en pleine polémique sur le burkini.
Une image politique qu’elle contestait
Brigitte Bardot a toutefois longtemps réfuté l’étiquette politique qui lui était accolée. « On m’a fermement collé une image de frontiste » pour avoir répondu, au début des années 1990, à un questionnaire du quotidien catholique d’extrême droite Présent, affirmait-elle en 2018 dans son livre testament Larmes de combat.
« N’ayant jamais fait de politique de ma vie, je ne savais tout simplement pas ce qu’était ‘l’extrême droite’ », assurait-elle. « A partir de ce jour-là, je fus considérée comme raciste, FN, égérie de Jean-Marie Le Pen et j’en passe ».
Nice : ils ne veulent pas d’une « Rue Brigitte Bardot » #NICE06 @JulienPICOT06 @UnisPourNice
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) December 28, 2025
➡️ https://t.co/SjhobvXwac pic.twitter.com/dS7XZE5W0d
« Je n’ai jamais demandé à personne d’être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale », affirmait-elle, en dépit de plusieurs condamnations, notamment pour des propos contre les musulmans.
Une vision politique revendiquée comme « conservatrice »
Dans ses écrits, Brigitte Bardot se définissait comme « conservatrice » et « patriote ». Dans son BBcédaire, paru en 2025, elle estimait que la droite constituait le « seul remède urgentissime à l’agonie de la France ».
Elle se disait également « contre le vivre ensemble », une position qu’elle associait à sa vision de la nation et de l’identité française.
« Une diva rebelle qui a choisi la liberté jusqu’au bout » : que retient la presse internationale de Brigitte Bardot ? https://t.co/wUBPzbp2hg pic.twitter.com/iFQcVYMBRL
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) December 29, 2025
La cause animale comme boussole
Brigitte Bardot a toujours expliqué ses choix politiques par son combat en faveur des animaux. « Je juge les politiques à l’aune de ce qu’ils proposent pour la cause animale. C’est aussi simple que ça », déclarait-elle au Monde en 2017.
« J’ai eu un espoir insensé quand le Front national a fait des propositions concrètes pour réduire la souffrance animale. Mais j’ai aussi sollicité (le chef de file de La France insoumise) Mélenchon (…) Si demain un communiste reprend les propositions de ma fondation, j’applaudis et je vote », assurait-elle.
Selon le politologue Sylvain Crépon, la référence récurrente à Brigitte Bardot s’inscrivait « dans une perspective identitaire » et permettait au parti de gagner en légitimité, dans un contexte où il reste largement boudé par le monde artistique. Il estimait également que l’actrice employait « une sémantique beaucoup plus proche du FN ».
Relations contrastées avec les présidents français
Souvent reçue à l’Élysée, Brigitte Bardot n’a jamais ménagé les chefs de l’État, qu’elle jugeait insuffisamment engagés pour la protection animale. Invitée par Charles de Gaulle, elle racontait être arrivée vêtue d’une veste à brandebourgs et avoir été accueillie par un « Chic ! Un militaire ».
Valéry Giscard d’Estaing, qu’elle qualifiait d’«ami », l’aurait « draguée ». À l’inverse, François Mitterrand faisait l’objet d’une condamnation sans appel : « maudit soit le jour de son investiture. (…) Toute la détresse que nous subissons est la suite de son oeuvre maléfique ».
Elle s’en prenait également à Jacques Chirac, « le roi des menteurs », et à Nicolas Sarkozy, avant de dénoncer, dans une lettre ouverte, l’«inutilité », la « lâcheté » et le « mépris des Français » d’Emmanuel Macron.



