Les derniers jours ont été mouve­mentés pour Christelle d'Intorni. Candidate à sa réélection dans la 5ème circons­cription, l'ouest niçois et les vallées, elle est la seule députée Les Républicains à avoir suivi Eric Ciotti dans son projet d'accord avec le Rassemblement national. Mais elle le martèle : "contre la bien-​pensance, j'assume".

Ce premier mandat de députée aura duré deux ans presque tout pile, qu'en retenez-vous ?

Mon bilan est très positif, puisque même après mon élection, je me suis toujours consi­dérée en campagne. J'ai été présente partout, dans cette circons­cription si vaste. J'ai répondu à toutes les invita­tions et me suis investie sur une variété de sujets : le harcè­lement en ligne, la lutte contre le trafic de drogue, le travail des infir­miers libéraux, la pression fiscale…

"Mes opposants mènent une campagne de caniveau"

À quoi va ressembler votre campagne, forcément éclair ?

À mon quotidien de députée. Accompagner et écouter les résidents, les maires des villages. Proximité, proximité, proximité.

Vous avez été très vite attaquée par vos opposants. Le président de la Métropole vous reproche d'être "partie bronzer aux Maldives pendant que les habitants subissaient la tempête Aline"…

Quelle politique de caniveau ! Christian Estrosi est d'une misogynie totale. Il reproche à une mère de famille d'avoir emmené ses enfants en vacances — pas aux Maldives, d'ailleurs. Moi je ne prévois pas en amont les catas­trophes naturelles. Si c'est son cas, c'est à se demander pourquoi il n'a pas mieux géré les tempêtes qui ont sévi sur notre terri­toire ! Il est surtout un maire de Nice qui vit à Paris.

"La Macronie a mis le pays à feu et à sang"

…Et Gaël Nofri, le candidat macroniste qui se présente contre vous, d'avoir "nada" comme bilan concret.

C'est quoi son bilan, Gaël Nofri ? Le record des trahisons ? Comme quand il a dénoncé les emplois fictifs du Front national, dont il a pourtant bénéficié ? Par oppor­tu­nisme pur, il a rallié la majorité qui soutient Emmanuel Macron. Il est donc comptable de l'explosion de l'immigration légale comme illégale, de l'insécurité, du dérapage des comptes publics. La Macronie a mis le pays à feu et à sang. En tant que président des régies métro­po­li­taines, il a fait flamber le prix des trans­ports publics et des parkings. Alors pas de grandes leçons !

Un autre candidat important, Fabrice Decoupigny (EELV), investi par le Front populaire : c'est une menace, électoralement ?

C'est totalement une menace, sa candi­dature est un danger pour ce pays. Qui voudrait donner les clés de Matignon, de Beauvau et de Bercy à l'extrême gauche de Jean-​Luc Mélenchon ? Ces gens-​là rédigent aujourd'hui des tracts en langue arabe. 

Les LR qui refusent l'alliance avec le RN n'ont pourtant pas investi de candidat face à vous. C'est quelque chose que vous avez négocié ?

Non. Je suis la seule candidate légitime, en tant que députée sortante. Je suis toujours chez les Républicains, je n'ai pas été exclue. En effet, un candidat LR est envoyé contre Eric Ciotti dans la première circons­cription, c'est lamen­table. Le président de notre parti, pour l'instant, c'est lui. 

Vos amis politiques, comme David Lisnard et Michèle Tabarot notamment, ont dénoncé votre alliance avec Marine Le Pen. Cela pourrait vous empêcher de travailler ensemble après les élections, ou ce sera vite oublié ?

Les réactions ont été violentes, choquantes et injustes. Ces personnes ont manqué de courage. Mais il faudra mettre de côté rancoeurs et vengeances. J'ajouterais que ceux qui ont dit les pires horreurs sur nous se retrouvent, pour certains, à négocier avec la Macronie dans un petit coin de table, avec Gérard Larcher et tant d'autres.

Vous pensez à Michèle Tabarot, qui n'a pas d'opposant de la majorité face à elle dans la 9e circonscription ?

Si négociation il y a eu, sur le dos de ses électeurs, c'est regret­table. Il y a quelques jours, elle ne manquait pas de critiques à notre encontre. Récemment, presque tout le monde chez LR était prêt à s'allier à la motion de censure préparée par le Rassemblement national… Il n'y a eu aucun déni de démocratie. Eric Ciotti avait clairement proposé une "union des droites" LR-​RN en réunion de groupe, avec tous les députés. Personne ne s'y opposait. Ce qui préoc­cupait, c'était juste d'empêcher David Lisnard d'envoyer des candidats de son parti, "Nouvelle Energie", face à nous !

Il paraît que vous souhaitiez cette union entre la droite et le RN avant même Eric Ciotti, c'est vrai ?

Oui, parce qu'il n'y a pas un électeur qui ne me la réclamait pas ! Notre candidat aux européennes, François-​Xavier Bellamy, était vraiment très bon. Pourtant, il n'a fait que 7%. Le parti n'était plus ni crédible, ni audible. Il fallait mettre fin à une certaine bien-​pensance, faire preuve de courage et de clarté.

La droite a, de tout temps, dénoncé la "dangerosité" des Le Pen, du parti, et de leur programme. Ça ne serait plus le cas aujourd'hui ?

Le danger, c'est le "Front populaire", pas Marine Le Pen. Ils sont incapables de consi­dérer le Hamas comme étant une organi­sation terro­riste, ils bafouent nos insti­tu­tions, avec leur drapeau de la Palestine. Ils ne respectent rien. Après, nous parlons d'une "union des droites", pas une fusion. Chacun garde ses sensibilités. 

Vous approuvez réellement les positions et votes du RN sur les sujets de société, notamment l'égalité femmes-hommes ?

Nos points communs ne sont pas là. On se retrouve surtout sur les questions d'insécurité, d'immigration. C'est là que l'on additionne nos forces.

Dans un éventuel gouvernement, de ce que l'on comprend, les LR joueraient le rôle de "garde-​fous" sur les questions économiques ?

Tout à fait. Nous avons de grandes diver­gences sur le programme écono­mique, mais nous apportons là notre expertise.

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