Partie 4 / 4 - Qui est l’homme derrière le maire-candidat ? Depuis le Castel Plage cette semaine, il a longuement reçu Nice-Presse pour un entretien sans interdits. Son épouse Laura Tenoudji, ses enfants et petits-enfants, sa foi catholique, les épreuves de sa vie, ses angoisses, ses fiertés… Quelques jours avant le top départ d’une campagne municipale particulièrement disputée, Christian Estrosi à coeur ouvert.
- « Il y a des angoisses qui ne me quittent pas »
- « La foi catholique accompagne chaque jour l’homme et le maire que je suis »
- « Ma famille, les copains, la montagne…»
- « J’ai beaucoup travaillé pour devenir président de la République…»
Par le passé, on vous a beaucoup critiqué, vous étiez perçu comme très radical. C’est une image qui persiste, parfois. Vous le regrettez ?
Ce n’était pas qu’une image. J’ai des regrets. L’un des plus grands de ma vie : à la fin des années 1980, j’ai proposé le retour de la peine de mort. C’était une erreur absolue. Personne n’a le droit de vie ou de mort sur autrui. Surtout pas quand, comme moi, on croit en Dieu.
Le maire à coeur ouvert : les confessions de Christian Estrosi aux Niçois
🧶 1/4. @cestrosi : « Il y a des angoisses qui ne me quittent pas »
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Avez-vous souhaité devenir président de la République ?
J’y ai non seulement pensé mais j’ai travaillé plusieurs mois à mettre sur pied un projet sérieux. Oui, j’aurais pu me lancer vers l’Elysée. C’était après la défaite de l’UMP en 2012, avant les primaires.
Et puis en 2014, Nicolas Sarkozy me dit que l’on va repartir au combat, reprendre le parti, pour la présidentielle de 2017. Je suis d’une loyauté et d’une fidélité pour ceux à qui je dois mes meilleurs souvenirs. Nous sommes entrés ensemble à l’Assemblée à trente-deux ans et nous ne nous sommes plus quittés. On a connu ensemble la conquête de 2007. J’étais son ministre pendant la crise économique, c’était dur et j’ai beaucoup appris. Alors bien sûr je me suis dis « mince, il faut que j’abandonne mon projet…»
En 2016 j’ai rencontré Laura, à un moment où je pensais que je ne connaîtrai plus jamais le grand amour. On s’est mariés, nous avons eu une merveilleuse petite fille… J’ai depuis fait le serment de me consacrer à ma ville de Nice. Vous voyez bien que j’ai tenu parole !
Il y a 22 ans, Jacques Médecin laissait #Nice06 endeuillée. Maire bâtisseur, il lui a offert un élan de modernité. Dans le prolongement de ses prédécesseurs Malaussena, Borriglione et son père Jean Médecin, une rue porte désormais son nom derrière la mairie. pic.twitter.com/yIsYT0ZYUQ
— Christian Estrosi (@cestrosi) November 17, 2020
Votre parcours a aussi commencé auprès de Jacques Médecin. Vous accompagne-t-il toujours ?
J’ai été triste de le voir partir en Amérique du Sud, et son décès m’a beaucoup peiné. Il m’a donné ma chance, et avant cela, il m’a soutenu, comme il soutenait tous les sportifs niçois. J’ai été un « bébé Médecin », et il y a aujourd’hui des « bébés Estrosi ».
Je n’ai pas osé refuser sa proposition de figurer sur sa liste en 1983, mais j’ai été clair avec lui : « monsieur le maire, je ne comptais pas faire de politique et de toute façon, avec les circuits, je n’en aurai pas le temps ». Et lui de me répondre : « de toute façon, tu ne seras pas élu ». J’étais en Afrique quand les résultats de l’élection me sont parvenus : j’étais 56e sur sa liste, et il en avait fait élire 57 !
Dans votre carrière politique, on se souvient aussi de votre campagne pour les régionales, il y a dix ans, avec ce slogan « la résistance », alors face au Front national. Contrairement à d’autres élus de droite, vous dites que ce n’est pas seulement l’économie qui vous sépare du RN, mais aussi des valeurs profondes. Lesquelles ?
Qu’on le veuille ou non, les fondations du Front national reposent sur l’adoration du maréchal Pétain et des collaborationnistes de Vichy. Plus tard, ce fut la qualification des camps de la mort comme « d’un détail de l’histoire ». Évidemment, mes débats avec ces gens-là ont été féroces, notamment avec Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, des élus RN s’opposent à cet héritage, et je peux avoir du respect pour ceux qui refusent tout antisémitisme, tout racisme, toute homophobie. Mais, on l’a vu lors des dernières élections législatives : il y a encore un ménage terrible à faire dans leurs rangs !



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