Le groupe CMA Media annonce ce mercredi son intention de céder ses neuf chaînes locales BFM, dont celles de Nice Côte d’Azur, Toulon Var, Dici et Marseille Provence, d’ici la fin de l’année. Cette décision stratégique vise à générer 20 millions d’euros d’économies face à la baisse des revenus publicitaires territoriaux. Un plan de départs volontaires s’ouvrira dès la fin du mois d’août au sein du pôle audiovisuel RMC BFM.
Le navire de presse CMA Media, solidement barré par l’armateur et milliardaire Rodolphe Saadé, entame une vaste révision de sa voilure audiovisuelle notamment en région Sud.
Le propriétaire de grands médias nationaux tels que BFMTV, RMC, La Tribune ou le média en ligne Brut, désire se séparer intégralement de son maillage d’information télévisée. Sont directement frappées par cette décision les rédactions de Marseille Provence, de Dici implantée dans les Alpes du Sud et la Haute-Provence, de Toulon Var ainsi que l’antenne Nice Côte d’Azur.
Ceci comprend également les stations de Lyon, Grand Lille, Grand Littoral, Alsace et Normandie. Le signal d’alarme avait déjà résonné avec la fermeture définitive de la dixième chaîne du réseau, BFM Paris Île-de-France, en mars 2025…
Cette volonté de cession s’insère dans une vaste restructuration. Le but fixé par la direction pointe vers 20 millions d’euros d’économies à l’échelle du groupe entier, ce qui équivaut à une coupe sévère de 5 % de ses coûts de fonctionnement.

L’horizon s’assombrit par conséquent pour les effectifs avec l’annonce concomitante d’un plan de départs volontaires circonscrit au sein du pôle audiovisuel RMC BFM. Les instances dirigeantes entameront les procédures légales d’information et de consultation des représentants du personnel à la fin du mois d’août. À l’heure actuelle, la direction maintient le silence et ne fournit aucun objectif précis en matière de nombre de postes supprimés.
L’actuel modèle publicitaire face à une impasse
Le petit écran subit de plein fouet la mutation du marché télévisuel, caractérisée par une durée d’écoute déclinante. La directrice générale de CMA Media, Claire Léost, dresse un constat implacable :
« Nous ne trouvons pas le modèle économique sur l’activité des chaînes locales »
Les revenus de ces structures de proximité reposent sur un équilibre fragile et elles « dépendent de la publicité locale, qui a complètement migré vers les plateformes » numériques, actant une captation massive des annonceurs par les géants d’internet.
L’équation se complique encore sous l’effet de la rétractation « des investissements des collectivités locales ».
« Notre objectif est de trouver des repreneurs pour ces chaînes, qui auront un modèle économique plus pérenne avec des groupes probablement plutôt locaux qu’avec un groupe comme CMA Media », assume la dirigeante. Le processus semble déjà amorcé, l’entreprise affirmant avoir réceptionné « plusieurs marques d’intérêt » dans le but de finaliser le dossier et « trouver une solution d’ici la fin de l’année ».
Réorientation vers le sport et le streaming
« Nous avons besoin de réduire nos coûts sur nos métiers traditionnels (coûts de production, de grille, coûts techniques et de diffusion, ndlr) pour investir dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu, les réseaux sociaux », détaille Claire Léost.
La manœuvre affichée consiste à « poursuivre ses investissements dans les activités qui porteront sa croissance dans les années à venir ». Cette dynamique se traduirait dans les faits par l’acquisition en cours de la chaîne de télévision RMC Sport, jusqu’alors propriété du groupe Altice qui avait lui-même cédé BFMTV et RMC à l’armateur en 2024. Le mois de septembre verra également le grand lancement de RMC+, la toute nouvelle plateforme de streaming maison.
Enfin, l’empire médiatique déploie CMA Studio, une branche de production fraîchement créée pour investir massivement « le marché des plateformes et des réseaux sociaux ». S’y ajoute une ferme volonté de s’associer directement avec des créateurs de contenu en ligne pour diversifier les formats…
Ce qui est important :
- La mise en vente immédiate des neuf chaînes BFM régionales, incluant les quatre antennes du Sud, pour compenser la fuite des recettes publicitaires locales.
- L’ouverture fin août d’un plan de départs volontaires dans les équipes de RMC BFM, visant un objectif global de 20 millions d’euros d’économies pour CMA Media.
- Le basculement stratégique des investissements du groupe vers le streaming avec RMC+, le rachat de RMC Sport et les créateurs de contenu sur les réseaux sociaux.
Nice-Presse avec agence





Ces chaînes BFM n’apportent que très peu d’intérêt … Cette suppression n’a donc pas d’intérêt vital pour les habitants de la région (à l’image des « journaux » du 13 ou 20 heures) Cela peut expliquer le peu d’engagement des annonceurs. Ce que demandent les téléspectateurs , c’est avant tout, de découvrir, d’apprendre se qui se passe « réellement » dans leurs villes. 🇲🇫