Le groupe suisse Geberit, spécialisé dans les équipements sanitaires, anticipe une légère croissance du bâtiment en Europe en 2026, sans pour autant évoquer une reprise franche. Une projection prudente, présentée lors de la publication de son chiffre d’affaires annuel, alors que le secteur sort péniblement de plus de deux ans de ralentissement.
Après des mois d’attentisme et d’incertitudes, le bâtiment semble enfin avoir trouvé un point d’équilibre. Pas de rebond spectaculaire à l’horizon, mais une stabilisation progressive, scrutée de près par les acteurs industriels du secteur, dont les résultats servent souvent de baromètre à l’ensemble de la filière.
Le bâtiment européen se stabilise après un fort déclin
Dans un communiqué, le groupe souligne qu’« après un fort déclin depuis mi-2022, la demande dans le secteur de la construction s’est stabilisée dans l’ensemble en 2025 ». Une évolution significative, après une période marquée par le ralentissement des projets immobiliers et la contraction des investissements.
Cette stabilisation se reflète notamment dans les permis de construire. Sur cette base, l’entreprise estime qu’une légère croissance du bâtiment pourrait intervenir en 2026. Elle précise toutefois qu’il ne s’agit « pas encore d’une reprise du marché », préférant maintenir une lecture prudente de la conjoncture.
La rénovation immobilière, principal relais de croissance attendu
Dans ses projections, le groupe distingue clairement les segments. Le marché des nouvelles constructions devrait rester « stable », tandis que la rénovation afficherait « une évolution légèrement positive ». Une dynamique appuyée par plusieurs indicateurs, parmi lesquels figure la hausse des transactions immobilières.
Cette orientation confirme le rôle croissant de la rénovation dans l’activité du secteur, alors que de nombreux projets neufs restent différés. Le groupe équipe aussi bien des logements individuels que des bâtiments publics, comme des stades, écoles, hôpitaux ou musées, ce qui le rend particulièrement sensible aux évolutions structurelles du marché.
Des résultats solides malgré un immobilier résidentiel sous pression
Pour 2025, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires proche de 3,16 milliards de francs suisses, en hausse de 4,8% hors effets de change et de 2,5% une fois converti en francs. La dynamique s’est renforcée au quatrième trimestre, avec une croissance de 6,4%, après 5,4% au trimestre précédent.
Une performance qualifiée de « solide » par l’analyste Alexander Koller, chez Vontobel, malgré « un environnement difficile dans l’immobilier résidentiel ». Celui-ci estime toutefois que le potentiel de progression du titre reste « limité à court terme », compte tenu d’une valorisation élevée après une forte appréciation en 2025.
À 13H00 GMT, l’action reculait de 5,21% à 604,20 francs suisses, tout en affichant un gain de plus de 18% sur un an. Très exposé à l’Europe, qui représente près de 89% de son chiffre d’affaires, le groupe reste étroitement suivi par les analystes pour prendre le pouls du bâtiment.
Hors du Vieux Continent, les perspectives apparaissent contrastées, avec une forte demande attendue en Inde et dans les pays du Golfe, tandis que la demande devrait continuer de reculer en Chine. Les résultats complets pour 2025 seront publiés le 12 mars.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP







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