Une absurdité ? C’est ce que pensent bien des professionnels. Depuis le 1er octobre, la vidéosurveillance dans les cellules de gardes à vue est devenue une exception. Saisi par Christian Estrosi, Bruno Retailleau annonce « étudier toutes les possibilités juridiques pour réviser le décret », a appris Nice-Presse.
« Les conditions de travail des policiers se sont encore une fois dégradées (…) alors que les forces de l’ordre vivent et travaillent sous le coup d’une pression permanente ».
C’est en ces termes que le maire de Nice appelait l’attention du ministre de l’Intérieur le 25 octobre dernier, avec un courrier. « La vidéoprotection dans les cellules des gardes à vue est devenue l’exception là où elle était la norme » sauf dans quelques cas précis. « Cette disposition vient fortement compliquer la tâche » des agents, qui ne pourront plus « se dégager du temps pour l’opérationnel de terrain », puisqu’ils seront obligés de mener davantage de rondes dans les bâtiments.
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« Il y a fort à parier que les contestations de placements en cellules sous vidéo vont, elles aussi exploser », « et que policiers et gendarmes vont crouler sous les démarches administratives ».
« Ces rondes et cette paperasse impliquent nécessairement moins de temps pour accueillir les victimes, en enquêter sur le terrain » dénonce encore Christian Estrosi (Horizons). « De très nombreux policiers m’ont fait part de leur inquiétude et de leur ras-le-bol ». Le tout étant lié à un décret pris fin 2023, et d’une loi de début 2022.
« Cette mesure dégrade la sécurité des gardés à vue et des policiers »

Bruno Retailleau (Les Républicains) a répondu, lui aussi dans une lettre datée au 2 décembre, et que Nice-Presse a pu consulter ce 14 janvier.
L’hôte de Beauvau évoque « une mesure prise pour répondre à un vide juridique du statut des systèmes de vidéosurveillance des retenus au sein des commissariats ». Tout en reconnaissant qu’il « pose effectivement des difficultés aux agents » et « dégrade la sécurité des gardés à vue comme des policiers ».
Cette évolution « impose une réorganisation des services, avec une augmentation de la présence physique des policiers dans les locaux»… et donc leur retrait, parfois, des rues.
Bruno Retailleau annonce avoir demandé à son ministère « d’étudier toutes les possibilités juridiques pour réviser le décret et revenir à un fonctionnement plus rationnel et moins coûteux ». Les procédures administratives imposées aux policiers seraient également facilitées prochainement par le numérique, a-t-il complété.



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