Malgré les invectives et les effets de manche, la réalité d’un contexte économique dégradé s’impose à toutes les communes, Républicaines comme Macronistes. Sur la Côte d’Azur, mairies LR et centristes ont fait le choix d’ajuster leur fiscalité en cette fin de printemps.
Décryptage — Voici un domaine pour lequel la voix de la droite porte tout particulièrement auprès de ses sympathisants : la maîtrise des finances publiques, et le niveau des impôts. Au national, les Républicains, menés par le niçois Eric Ciotti, sonnent la charge depuis plusieurs semaines contre le gouvernement, lui-même confronté au mur de la dette. Les LR pourraient, sur ce sujet, faire tomber l’équipe Attal prochainement.
Au local aussi, Eric Ciotti veut mener la chasse « aux mauvais gestionnaires ». Le député s’appuie notamment sur la bonne santé du conseil départemental des Alpes-Maritimes — c’est la chambre régionale des comptes qui le souligne — pour torpiller les dernières décisions de son rival Christian Estrosi. Au cours d’un dernier meeting, c’est ainsi qu’il a descendu en flammes deux heures durant la décision d’augmenter la taxe foncière niçoise. Un ajustement qui n’est pas un fait isolé sur la Côte d’Azur.
La taxe foncière grimpe dans bien des villes LR
Au Cannet, les élus viennent de valider la hausse de la T.F. de deux points, et celle sur les résidences secondaires de 50 % à 60 %. Une mesure défendue par Michèle Tabarot, présidente de la majorité municipale, par ailleurs première vice-présidente du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale. L’ancienne maire a développé les mêmes arguments qu’Estrosi : poids de l’amende liée au non-respect de la loi S.R.U. sur les logements sociaux, de l’inflation sur les charges communales…
À Sceaux, dirigée par l’UDI. Philippe Laurent, la hausse sera de 6 % pour boucler le budget. Quatre points à Meaux, chez le LR Jean-François Copé. +8,5 % à Molsheim, ville de droite, autant à Herblay-sur-Seine, elle aussi LR. Les exemples ne manquent pas, preuves que l’idéologie ne pèse pas lourd dans le contexte actuel.
Nouvel impôt défendu par la droite
Contrairement à ce que l’on entend, ces villes ne doivent pas forcément coiffer leur bonnet d’âne. En 2023, d’après l’association des maires de France, la part locale de cet impôt a même carrément augmenté dans une commune sur cinq.
Et le patron de l’A.M.F., le Cannois et Républicain David Lisnard, de porter une nouvelle proposition : le retour d’une taxe sur les locataires — exonérés depuis la fin la taxe d’habitation décidée par Emmanuel Macron — pour que les propriétaires se sentent moins seuls, et que la fiscalité puisse être allégée, par le fait de cette assiette plus large.


