Municipales 2026 - La campagne niçoise connaît un nouveau rebondissement. Pressenti pour devenir premier adjoint en cas de victoire d’Éric Ciotti, Jean-Pierre Rivère a finalement renoncé à se présenter sur sa liste, invoquant un « risque juridique ». Le président de l’OGC Nice reste toutefois « pleinement engagé » aux côtés du candidat UDR-RN, dont il deviendrait le « conseiller spécial ». Un plan B déjà contesté.
Un pas de côté, mais pas un retrait. En ce blue monday, réputé « le jour le plus déprimant de l’année », l’équipe de campagne d’Éric Ciotti a officialisé la décision de Jean-Pierre Rivère de ne pas briguer de mandat, alors même qu’il avait rejoint la liste pour occuper une place stratégique au sein d’un futur exécutif. À 68 ans, l’homme d’affaires, figure bien connue du paysage niçois, a préféré s’effacer pour, dit-il, éviter toute fragilisation de la candidature qu’il soutient.
Risque juridique
Le point de blocage tient à l’interprétation du code électoral. Celui-ci classe parmi les inéligibles les entrepreneurs de services municipaux, c’est-à-dire les acteurs privés dont l’activité est liée à la commune par des prestations régulières, sauf s’ils ont cessé leurs fonctions plus de six mois avant le scrutin. Une disposition qui, aux yeux du camp Estrosi, rendait la candidature de Jean-Pierre Rivère fragile.
Depuis l’annonce, en décembre, de son retour à la tête d’un OGC Nice en pleine crise sportive et institutionnelle, les proches de Christian Estrosi dénonçaient un conflit d’intérêt manifeste. Ils sont allés jusqu’à annoncer la saisine du préfet -estimant que les liens entre le club et la Ville de Nice étaient trop étroits- pour lever toute ambiguïté.
« Conseiller spécial »
Si Jean-Pierre Rivère renonce à figurer sur la liste, il ne quitte pas pour autant l’arène politique. Il prend la co-présidence du comité de soutien d’Éric Ciotti et sera nommé « conseiller spécial » en cas de victoire, que ce soit à la mairie et à la présidence de la métropole. Un rôle officieux mais assumé, qui lui permet de rester influent sans exposer la candidature à une contestation.
« Je suis aux côtés d’Eric Ciotti et je serai là jusqu’aux bout. »
Merci cher Jean-Pierre Rivère pour ton engagement absolu jusqu’à la victoire ! pic.twitter.com/yrSBxCyNfi— Eric Ciotti (@eciotti) January 19, 2026
Dans un communiqué, l’équipe de campagne d’Éric Ciotti fustige « une agitation artificielle entretenue par ceux qui sentent la campagne leur échapper ». Elle insiste toutefois sur la prudence de Jean-Pierre Rivère, soulignant que « même s’il n’existait qu’un faible risque juridique, (il) a refusé de faire peser la moindre incertitude » sur le scrutin.
« JPR » ne pourrait pas non plus être conseiller spécial

La campagne de Christian Estrosi n’a pas lâché « l’affaire » même après ce retrait surprise. Dans un communiqué de presse ce soir, l’entourage assure que le plan B évoqué par Jean-Pierre Rivère… n’est pas non plus dans les clous :
« Pour faire passer ce renoncement au goût amer, le candidat RN a cru devoir indiquer qu’en cas de victoire, il nommerait Monsieur Rivère au poste de Conseiller spécial au sein de son cabinet. Grave erreur ! Le recrutement d’un collaborateur est soumis au respect des conditions d’âge en vigueur dans la fonction publique et aux termes de l’article 6-1 de la loi du 13 septembre 1984, cette limite est fixée à 67 ans, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 12 mars 2012. Monsieur Rivère étant âgé de 68 ans, il lui sera impossible d’intégrer un quelconque cabinet d’élus. »
Bien qu’il n’y ait pas de consensus juridique autour de cette « impossibilité », puisqu’il existe des exceptions et des contournements possibles, malgré le notion d’âge.
Et d’ajouter : « Le candidat RN, qui fait preuve d’amateurisme, devrait également se pencher sur le profil de ses futurs colistiers et notamment sur la situation de monsieur Ippolito, chef d’entreprise disposant de nombreux marchés publics avec la Ville de Nice et la Métropole, et donc sous la menace d’une inéligibilité. »
« Un sketch politique !»

Avant même le retrait de « JPR », la liste d’union de la gauche « Unis pour Nice » (PS-Verts-PCF) y était allé de son billet : « À ce rythme-là, il ne lui restera bientôt plus qu’à recruter ses colistiers sur Leboncoin. »
Sous la plume du communiste Julien Picot, on lisait ainsi : « Comment peut-on prétendre gérer une ville comme Nice quand on n’est même pas capable de constituer une liste juridiquement tenable ? Le soi-disant champion de la rigueur administrative et de la bonne gestion vient de nous offrir une démonstration éclatante… d’amateurisme. »
« Entre double casquette, conflits d’intérêts et approximations juridiques, la campagne Ciotti ressemble de plus en plus à un sketch politique : beaucoup de communication, peu de compétence. »









Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.