Municipales 2026 - Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons) dévoilait ce 19 janvier les mesures qu’il compte appliquer pour voir 10.000 nouveaux logements débarquer sur le marché au cours d’un prochain mandat. Foin de restrictions, mais plutôt des aides et autres dispositifs incitatifs contre une crise du logement qu’il accuse son rival Éric Ciotti d’avoir aggravé.
Le revers de la médaille est devenu le principal angle d’attaque de ses opposants. Tous ou presque reconnaissent l’attractivité intense dont bénéficie Nice après des années de panne sèche, grâce à la politique d’embellissement et d’événementiel menée par l’équipe au pouvoir. Dans le même temps, la cité a vu ses tarifs immobiliers grimper, hors de portée des locaux comme d’éventuels nouveaux arrivants, des étudiants jusqu’aux cadres supérieurs.
Elle réussit à gagner pas mal d’habitants, mais tous les palmarès spécialisés démontrent que la tension y est la plus intense de France juste après Paris. Un frein évident pour son développement, contre lequel le maire-candidat présentait lundi son plan de bataille. Pas bien révolutionnaire, mais avec le mérite du concret.
Une exonération de taxe foncière contre « des rénovations d’ampleur »
C’est le chiffre clé du programme : 10.000 nouveaux logements prévus sur un nouveau mandat. La part du privé reste sujette à caution, puisque le contexte politique national (à tout le moins sinistré) exercera toute son influence. Pour ce qui est des compétences plus municipales, l’édile évoque 2500 nouveaux HLM. Notamment via un projet déjà en route, le futur village des athlètes édifié pour les JO 2030, partiellement transformé en logements sociaux après les festivités.

Du côté de la Métropole, Christian Estrosi évoque un assouplissement des règles d’urbanisme, pour ce qui est du stationnement : « il est absurde d’imposer deux places pour chaque appartement dans une part de la ville où nous avons largement étendu les lignes du tramway », a-t-il mentionné comme exemple.
S’il est réélu en mars, la commune déploierait une politique du carnet de chèques pour que les propriétaires remettent leur bien sur le marché : chaque appartement vacant placé de nouveau en location serait assorti d’une prime de 5000 euros.
Par contre, les spéculateurs seraient confrontés à « une nouvelle brigade » -dont le champ d’action reste à préciser- et à la menace d’une DUP, c’est-à-dire d’une expropriation. Préalable à ce stade ultime, la collectivité proposerait un nouveau coup de pouce d’importance : l’exonération de taxe foncière pendant trois ans si des rénovations d’ampleur sont lancées par le bailleur.
Aides pour les cautions, assurance habitation municipale…
Pour les locataires, une enveloppe globale d’un million d’euros serait débloquée pour financer des prêts à taux zéro fléchés vers le paiement des dépôts de garantie. De même, une assurance habitation communale serait proposée, comprenant les propriétaires.
À Nice, la politique du logement est un investissement d’avenir.
— Estrosi 2026 (@Estrosi2026) January 19, 2026
Plus de 700 millions d’euros engagés pour rénover les quartiers, améliorer l’habitat, diversifier l’offre de logement et renforcer le cadre de vie. pic.twitter.com/gqHZrBojLI
Christian Estrosi a complété ces annonces par une valorisation de son bilan, « fier d’avoir porté la part de logements sociaux de 11% en 2008 jusqu’à presque 15% aujourd’hui (sous le seuil légal des 25%, ndlr)», ce que la liste d’union de la gauche trouve « largement insuffisant ».
Le patron de l’agglo a également rappelé ses opérations de très grande ampleur pour requalifier les quartiers et les cités, sans oublier le tour de vis contre Airbnb, avec l’instauration de quotas dans les quatre zones les plus demandées.
Le plan Ciotti ? « Une vaste blague »
Réponse à ceux qui, parmi les écologistes, socialistes et insoumis défendent âprement l’idée, « non, je ne veux pas d’encadrement des loyers, au titre de la libre-propriété. Je suis libéral et je compte le rester ». Le maire avait ouvert le débat il y a quelques mois, avant de très vite le refermer face à la bronca du secteur immobilier.
Un coup d’oeil dans le rétroviseur qui lui aura permis de vivement tacler son principal adversaire, le candidat de l’UDR et du RN Éric Ciotti :
« En tant que président de la commission des finances du Département des Alpes-Maritimes, il a sabré dans tous les budgets du logement. Les aides ont fondu de 94% depuis 2008. Et le CD06 s’est retiré de la gouvernance de l’Éco-Vallée, l’endroit de la ville où l’on peut le plus agir pour l’habitat. Alors quand il vous promet de combattre la crise, ce n’est qu’une vaste blague…»
« Démembrer Côte d’Azur Habitat n’est pas une solution«
La proposition n’est pas passée inaperçue : lors de ses voeux pour la nouvelle année, Éric Ciotti a promis, s’il était élu, de vendre pour 400 millions d’euros une part du patrimoine de Côte d’Azur Habitat, l’office HLM métropolitain. Des moyens qui seraient réinvestis dans la rénovation du parc. « C’est une mesure absurde. Nous avons un plan de requalification déjà lancé, à hauteur de 300 millions d’euros » défend Anthony Borré, directeur de campagne pour Christian Estrosi, mais aussi président de CAH. « Ensuite, ces sommes ne correspondent à rien. Si on vendait ces appartements, cela occasionnerait des licenciements d’agents, des pertes de loyers, et je rappelle que nous avons contracté 200 millions d’euros de dettes ». Et de mettre en garde : « le candidat du RN veut manifestement tout privatiser, mais au profit de qui ? Si on vendait ces HLM, alors nous tournerions le dos aux plus faibles ».









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