Les trois militantes ont été expulsées des lieux en… 45 secondes. Mais leur happening a fonctionné sur les réseaux sociaux.
L’incident, très court, n’a que peu troublé la fête. Mais le collectif a tout de même pu organiser son coup d’éclat. « Nemesis », un groupe identitaire proche du Rassemblement national et qui se présente comme une « association de protection des femmes », a profité du carnaval LGBT de Nice pour déployer une banderole « contre le wokisme ».
« On ne change pas de genre comme de jouet »
Vendredi 28 février sur la Place Masséna, trois militantes ont brandi un double message depuis le défilé du Queernaval : « Non à l’endoctrinement de nos enfants », repéré par le média conservateur Direct Azur, mais aussi « On ne change pas de genre comme de jouet », dont la photo a été diffusée sur X, avec un post partagé un millier de fois.
« C’est le message fort que nos militantes ont souhaité faire passer ce soir au Lou Queernaval, un spectacle ouvert à tous, notamment aux enfants, ponctué d’un discours de soutien de Christian Estrosi, le maire » explique-t-elles. « Rappelons que les gradins de ce spectacle étaient pleins d’enfants, face à des militants queers véhiculant un message politique ».
« Ce message n’avait aucunement sa place ici ce soir »
En moins d’une minute, les organisateurs des festivités ont replié la banderole, modérément sifflée par les gradins les plus proches des troupes. Au milieu des chars et des installations lumineuses, bien des spectateurs ne se sont en fait aperçus de rien.
Sollicitée, la municipalité « n’apporte aucun commentaire » si ce n’est que « ce message n’avait aucunement sa place ici ce soir » et que « les individus en question ont été reconduits vers la sortie dans le calme ».
Le carnaval gay, qui fêtait justement son dixième anniversaire et sa sixième édition, est le seul évènement de cette importance dans le pays. Il fut lancé en 2015 sous l’impulsion de la mairie UMP, en partenariat avec les associations locales.
Dans nos colonnes jeudi, le coordinateur du centre LGBT de la Côte d’Azur regrettait le climat actuel : « On vit dans un monde qui est politiquement compliqué, avec le développement de pouvoirs autoritaires qui s’en prennent très facilement aux droits des femmes, et des personnes LGBT+. Et en particulier, en ce moment, aux droits et à l’existence des personnes transgenres. C’est le cas en France. »





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