En cette rentrée, l’opposition départementale hausse le ton : budgets rabotés, foyers d’enfants en crise, seniors laissés pour compte… Dans Nice-Presse Dimanche, Franck Martin (LR) accuse la présidence Ginésy d’abandonner le terrain social, et réclame une clarification urgente des alliances à droite.
L’essentiel à retenir de Nice-Presse Dimanche • Le ton est sec, les mots choisis : « C’est du carriérisme, plus de la politique ». À travers cette charge, l’opposition LR-Horizons-UDI-Renaissance veut marquer les esprits : les attaques visent à la fois les choix budgétaires et le flou qui entoure la ligne des Républicains dans les Alpes-Maritimes.
Budgets sociaux sous pression ?
Selon Franck Martin, des postes de surveillants de nuit dans les foyers de l’enfance pourraient disparaître : « Il n’y a pas de logique là-dedans puisqu’on les sait déjà en grande difficulté ». Il accuse Eric Ciotti, président de la commission des finances, d’avoir vidé les caisses à force de « cadeaux à ses amis » (des associations, dans un cadre politique, s’entend). L’opposition s’inquiète aussi de subventions jugées absurdes, comme ces 10.000 euros attribués à un collectif lyonnais hostile à la démolition d’un théâtre niçois. « Les enfants maralpins auraient sans doute davantage mérité ces fonds », lâche-t-il.
La gestion des foyers d’enfants, déjà pointée du doigt par Le Point et Mediapart, ne convainc pas non plus. L’initiative annoncée par le président Ginésy ? « C’est à un plan de désorganisation auquel nous avons assisté », rétorque Franck Martin.
Collèges et sécurité critiqués
Pour le Rassemblement Républicain, l’accompagnement des personnes âgées serait d’une faiblesse criante. Le point GIR, indicateur qui conditionne l’aide à la dépendance, figure toujours parmi les plus bas de France. « Bien des familles n’ont pas les moyens de payer des aides à domicile ou des EHPAD », alerte l’élu.
Malgré des rénovations, l’opposition juge le Plan Collèges insuffisant. « Où sont les investissements ? », demande Franck Martin. Le manque d’efforts pour sécuriser les établissements et les adapter aux épisodes de canicule est pointé du doigt.
« Là est la différence entre les élus : ceux qui s’engagent pour être calife à la place du calife, et ceux qui sont mobilisés pour les autres ».
Droite locale en clair-obscur
Le groupe d’opposition dénonce un paysage politique brouillé : des élus LR alliés à la majorité départementale alors que d’autres s’y opposent. « C’est affligeant », tranche-t-il, évoquant des ententes tacites avec l’extrême droite. Il demande une ligne rouge claire d’ici la fin de l’année : « Pas d’accointance avec l’UDR d’Eric Ciotti, sinon cela revient à être au RN ».
Alexandra Borchio-Fontimp ou Jérôme Viaud sont cités : « Il va falloir des engagements fermes et définitifs ». Pour l’opposant, trop d’élus ne sont plus guidés que par le calcul politique.
Malgré les tensions, Franck Martin note le retour de militants vers LR à Nice, signe d’une dynamique positive. Mais il prévient : « Le flou artistique a tendance à se dissiper. Il va falloir que les uns et les autres s’expliquent ». À ses yeux, seule une clarification nette pourra éviter les ambiguïtés et préparer sérieusement les municipales. Quant à la tentation RN, il balaie d’un revers de main : « Quelle autorité y aurait-il avec des gens qui ont eux-mêmes des choses à régler avec la justice ? »






