Alors que la sécurité et la modernisation des lycées s’imposent comme des priorités, la vice-présidente Marie-Florence Bulteau-Rambaud a détaillé pour Nice-Presse Dimanche la politique conduite dans les Alpes-Maritimes par l’administration de Renaud Muselier. La Région assume une gestion « pragmatique » face à des défis parfois vertigineux.
SYNTHÈSE - Les récentes violences scolaires ont laissé des traces, notamment après l’attaque au lycée horticole d’Antibes. Dans les couloirs des établissements, la question de la sécurité ne relève plus du débat mais de l’urgence.
Et sur ce point, la Région Sud veut garder la main. Depuis 2016, 112 millions d’euros ont été investis pour renforcer les protections dans les lycées : contrôle des accès, vidéoprotection, loges d’accueil sécurisées, et même tourniquets dans certains cas. Tous les établissements sont désormais équipés. Mais la vice-présidente le reconnaît sans détour, le risque zéro n’existe pas.
Sécurité scolaire au cœur du dispositif régional
Pour les filières professionnelles ou agricoles, le défi est d’autant plus complexe. Les exploitations agricoles, souvent ouvertes au public, ne peuvent être enfermées derrière des grilles.
Quant aux lycéens des métiers de bouche ou de la technique, leur quotidien exige l’usage d’outils parfois dangereux. Faut-il pour autant transformer ces lieux d’apprentissage en forteresses ? « Impossible », tranche Bulteau-Rambaud. La vigilance humaine reste la meilleure arme. Personnels d’accueil, CPE et proviseurs sont invités à détecter les signaux faibles avant qu’un drame ne survienne.
Lycées de la région : rénovations, sécurité, transition écologique… La Vice-présidente Marie-Florence Bultreau-Rambaud détaille dans Nice-Presse Dimanche les grands chantiers en cours@RenaudMuselier @cestrosi
➡️ https://t.co/Z4jLhmPWrH pic.twitter.com/karjFQ6GLd— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) October 5, 2025
Autour des lycées, 178 médiateurs complètent ce maillage de sécurité. Ces jeunes, souvent issus de formations sportives ou éducatives, désamorcent les tensions aux abords des établissements. Leur présence dissuasive a permis de prévenir de nombreux incidents. La Région assume un discours lucide. Fouiller les sacs n’entre pas dans ses prérogatives. Seuls les policiers le peuvent, comme l’a rappelé l’exemple récent de Menton, où une fouille a permis d’intercepter des couteaux.
Rénovations
Sur le terrain, les chantiers se multiplient. À Nice, le prestigieux lycée Masséna fait l’objet d’une rénovation titanesque, étalée sur dix phases et financée à hauteur de 50 millions d’euros. Le bâtiment, classé, impose de respecter les contraintes des architectes des Bâtiments de France. Déjà 8 millions ont été consacrés à la réhabilitation de l’internat. À cela s’ajoutent les gymnases d’Estienne d’Orves et de Carnot, qui symbolisent l’effort global engagé dans le département, près de 75,5 millions d’euros injectés récemment.
Contrairement à d’autres territoires qui ferment des lycées, la Région Sud en construit de nouveaux. Deux projets majeurs sont en cours, à Allauch et au Luc. Des bâtiments pensés pour durer, intégrant la végétation, l’ombre naturelle et des dispositifs de ventilation passive.
Transition écolo
Le verdissement des établissements n’est pas qu’une posture politique. À chaque réhabilitation, la végétation trouve sa place, même modeste : arbres, tonnelles, espaces de fraîcheur. Quelques degrés de moins, un confort accru pour élèves et enseignants, sans recourir à la climatisation. « Ce n’est pas une option généralisable », souligne la vice-présidente, qui préfère les solutions plus sobres, brasseurs d’air, rideaux occultants, films solaires ou brise-soleil.
Formation et apprentissage sous tension
Malgré le transfert de compétence à l’État, la Région continue de soutenir les centres de formation d’apprentis. En 2025, vingt dossiers seront accompagnés dans les Alpes-Maritimes pour un montant global de 3,8 millions d’euros. Deux enveloppes sont maintenues. Environ 7 millions pour les investissements et 3 millions pour l’équipement. Le CFA du bâtiment d’Antibes, celui de Nice et le Pôle supérieur de danse de Cannes en sont les premiers bénéficiaires.
Mais une ombre plane sur ce modèle d’excellence. Le nombre d’apprentis diminue : -2.000 en un an dans la région, et -1.000 dans les Alpes-Maritimes. En cause, la baisse des aides versées aux employeurs. Une politique nationale jugée contre-productive, qui risque de priver des milliers de jeunes d’une voie professionnelle concrète et valorisante. Pour la Région Sud, c’est un recul inquiétant face à un dispositif qui a longtemps prouvé son efficacité.






