Dès 2026, le calcul du DPE évolue : une bonne nouvelle pour les logements chauffés à l’électricité, souvent pénalisés jusqu’ici.
Le Premier ministre a annoncé une modification du calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) des logements, à compter du 1er janvier 2026. Cette réforme vise à rendre le DPE plus favorable aux logements chauffés à l’électricité, une énergie largement décarbonée en France.
Selon Matignon, ce changement permettra à environ 850.000 logements classés F ou G de sortir du statut de passoire énergétique, sur les 5,8 millions concernés aujourd’hui. La réforme touche principalement les petites surfaces utilisant l’électricité comme mode de chauffage.
Un nouveau coefficient plus favorable à l’électricité
Le cœur de la réforme repose sur une modification du coefficient de conversion de l’électricité, utilisé pour calculer la consommation réelle à partir des relevés d’énergie. Ce coefficient passe de 2,3 à 1,9, contre 1 pour le gaz naturel.
Ce changement permettra de mieux refléter le mix énergétique français, dominé par le nucléaire et les énergies renouvelables. Matignon précise qu’il s’agit aussi de corriger une « inégalité de traitement » qui défavorisait l’électricité.
Une correction attendue pour les petits logements
Pour Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus consulting, cette évolution est logique : « Elle corrige les DPE qui défavorisent l’électricité dans les logements de moins de 40 m², en raison du chauffage ou du ballon d’eau chaude. »
Il alerte toutefois sur l’effet pervers : cette réforme pourrait décourager certains travaux de rénovation thermique dans ces logements, alors que les factures restent souvent élevées pour les locataires.
Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, salue une « victoire pour notre mix électrique décarboné à 95%» et un « signal fort pour l’électrification des logements ».
Elle rappelle que l’électricité est « un atout essentiel pour réussir la rénovation énergétique, lutter contre le dérèglement climatique et renforcer notre souveraineté ».
Critiques
Du côté de l’association CLCV, David Rodrigues dénonce un « cadeau aux bailleurs » et « un positionnement politique » favorable à l’électricité et au nucléaire. Il s’inquiète d’un nouveau changement du DPE qui risque de « renforcer le scepticisme » envers cet outil déjà modifié plusieurs fois.
La réforme du DPE entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Un arrêté sera publié en septembre 2025, après une consultation publique prévue dans les prochains jours.
Avec AFP



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