Six hommes comparaissent à partir de lundi pour association de malfaiteurs, accusés d’avoir formé en Corse en 2020 une organisation structurée visant à éliminer un membre d’un clan rival. L’accusation attribue à Yassine A un rôle central dans ce projet meurtrier.
Chef présumé de ce que les enquêteurs décrivent comme la première équipe du banditisme corse construite autour d’individus issus de la communauté maghrébine et des gens du voyage, Yassine A, 37 ans, alias Balou, occupe une place clé dans ce dossier.
L’homme avait été arrêté le 4 janvier 2021 à bord d’une voiture volée, une Kalachnikov chargée à ses pieds. Deux complices se trouvaient à ses côtés, équipés de gilets pare-balles, de gants et de cagoules.
Selon l’accusation, les trois hommes s’apprêtaient à passer à l’acte. Eux affirment pourtant qu’ils se préparaient seulement à revendre le véhicule volé et l’arme de guerre.
Déjà sous surveillance policière, Yassine A avait été visé, dès le 25 novembre 2020, par un renseignement anonyme adressé à la police judiciaire d’Ajaccio. Ce signalement mentionnait un contrat que lui aurait confié Louis C, décrit comme le chef d’un groupe de malfaiteurs de Cargèse (Corse-du-Sud).
Le mobile supposé : venger le meurtre de Jean-Antoine C, fils de Louis, tué le 12 août 2020 sur le parking d’une paillote. Ce dernier était pompier, étranger aux activités délictueuses du clan familial.
Procès en Corse : une vengeance sanglante au cœur du banditisme insulaire
Le cas de Louis C, âgé de 69 ans, a été dissocié du dossier principal. Son procès a été repoussé au 24 avril 2026 en raison de son état de santé, qui avait déjà conduit le tribunal de l’application des peines de Melun à suspendre l’exécution d’une peine de prison.
Interrogé sur sa personnalité, Yassine A, dont la libération est prévue pour 2044 selon l’administration pénitentiaire, a reconnu purger sept peines et huit mandats de dépôt, dont certains pour des faits commis en détention, notamment des extorsions.
« J’avais besoin d’argent », a-t-il déclaré depuis le box des accusés, effectuant lui-même des calculs sur sa peine restante.
Transféré parmi les premiers dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil, A possède un casier judiciaire lourd : une vingtaine de condamnations, dont la plus récente, en juin, à un an d’emprisonnement pour des menaces envers un surveillant à la prison d’Aix-Luynes lors d’une fouille. Le procès doit se poursuivre jusqu’à vendredi.
Avec AFP






