Sous le mot d’ordre « Assassins, mafieux, dehors », plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Ajaccio et Bastia pour affirmer leur volonté de justice et de sécurité, souhaitant que la peur change de camp.
Derrière la banderole portant la version corse « Assassini, maffiosi, fora », une autre rappelait que « A maffia tomba, U silenziu dino », tandis que deux panneaux honoraient la mémoire de Pierre Alessandri et Massimu Susini, figures devenues symboliques au sein des collectifs antimafia de l’île.
Au sein du cortège, des participants comme Lara Marcellini, 27 ans, sont venus affirmer leur engagement citoyen, tandis qu’André Leca, restaurateur de 63 ans, soulignait que la majorité de la population subit les dérives mafieuses et doit pouvoir s’exprimer pour, selon ses mots, « faire en sorte que la peur change de camp ».
Une mobilisation citoyenne déterminée contre l’emprise mafieuse en Corse
Ces rassemblements étaient portés par une nouvelle coordination antimafia regroupant une douzaine d’associations, parmi lesquelles les collectifs « A Maffia no, a Vita ié », Massimu Susini, Via Campagnola ou encore les organisations environnementales U Levante et Le Garde.
Au micro, Jean-Toussaint Plasenzotti, fondateur du collectif Massimu Susini, a rappelé que « Nous sommes des désarmés », défendant une Corse attachée à la culture, à la légalité et à la volonté de résoudre un problème incarné par une mafia faite de prédation, de menace et de violence.
La première mobilisation antimafia en mars avait déjà réuni entre 1.500 et 3.000 personnes, et quelques jours plus tard, Pierre Alessandri, qui y avait participé, était assassiné, renforçant encore le sentiment d’urgence.
Interrogé par l’AFPTV, le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre, a estimé que chacun devait soutenir ce mouvement citoyen exprimant la volonté de la société corse de se dresser contre des pratiques criminelles entravant son économie.
Il a expliqué appliquer une stratégie de « harcèlement des groupes criminels » en intensifiant les enquêtes dans les secteurs sensibles et en multipliant les contrôles administratifs avec le préfet de Haute-Corse pour viser les entreprises suspectées d’être sous influence mafieuse.
Une position partagée par Nicolas Septe, procureur d’Ajaccio, qui a affirmé à l’AFP soutenir ces prises de conscience permettant selon lui de redonner à chaque Corse sa liberté d’entreprendre.
Alors que les cortèges passaient, les préfets Eric Jalon et Michel Prosic sont sortis devant leurs préfectures, et Eric Jalon a présenté aux médias l’engagement de l’État pour renforcer la lutte contre la criminalité organisée et les pressions exercées sur les entreprises.
Jean-Toussaint Plasenzotti lui a réaffirmé que la population attendait d’être protégée, avant qu’une minute de silence ne soit observée en hommage aux victimes.
Avec émotion, Jean-Dominique Musso, président régional de Via Campagnola, a demandé justice pour Pierre Alessandri en présence de sa veuve, qui a interpellé le préfet en réclamant des réponses sur la mort de son mari, à quoi le haut fonctionnaire a répondu que « les équipes enquêtent ».
Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, a souligné l’importance de soutenir une démarche citoyenne affirmant une aspiration à la liberté et à la démocratie, saluant une mobilisation qu’il juge significative.
Avec AFP






