Les défaillances d’entreprises ont progressé de 5,2 % sur un an au troisième trimestre, selon les données publiées mardi par Altares. Après un mois de septembre particulièrement difficile, le spécialiste de la donnée d’entreprise entrevoit toutefois une possible embellie en 2026.
Entre juillet et septembre, 14 371 défaillances ont été recensées, d’après l’étude trimestrielle du groupe. Un « record estival » marqué par un mois de septembre critique, qui concentre à lui seul près de 6 800 cas, soit près de la moitié du total.
Un tel niveau de défaillances au moment de la rentrée n’avait plus été observé depuis 2009, année marquée par une forte récession économique.
« Le mois de septembre a refroidi les espoirs d’un retournement », observe Thierry Millon, directeur des études chez Altares, qui constate que « l’économie française est plongée dans un épais brouillard ».
Depuis janvier, 50 700 entreprises ont cessé leur activité, soit 1 600 de plus qu’à la même période en 2024, souligne M. Millon.
Hausse marquée des défaillances dans les TPE, PME et l’industrie manufacturière
Les très petites entreprises (TPE) employant plus de cinq salariés sont particulièrement touchées, avec une hausse de 9 % des défaillances cet été par rapport à l’an dernier. Les PME comptant entre dix et dix-neuf salariés enregistrent, elles, une augmentation de 13 %. Par ailleurs, Altares recense 46 entreprises de plus de 100 salariés en difficulté, mettant en péril environ 10 000 emplois.
Dans l’industrie manufacturière, les défaillances bondissent de 17 %, tandis que les services aux entreprises progressent de 9 %.
Quelques indicateurs plus encourageants apparaissent néanmoins. La part des redressements judiciaires grimpe désormais à 30 % des procédures, contre moins d’un quart entre 2021 et 2022. Ces redressements ont progressé de 10,7 % sur un an, alors que les liquidations judiciaires directes ralentissent à +2,8 %. Ce type de procédure, tout comme la sauvegarde – encore peu utilisée avec 331 cas sur le trimestre – permet aux sociétés concernées de tenter un redressement ou une reprise.
Sur le plan sectoriel, la construction et le commerce affichent une certaine stabilité, chacun avec une hausse limitée de 2 %.
À l’échelle des territoires, les défaillances progressent en Auvergne-Rhône-Alpes (+13,5 %), Nouvelle-Aquitaine (+11,7 %), Pays de la Loire (+14,8 %), Corse (+14,3 %) et surtout en Centre-Val de Loire (+33,2 %). À l’inverse, elles diminuent en Bretagne (-9,7 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (-3,8 %) et Grand Est (-0,4 %).
« Entre incertitudes persistantes et signaux d’éclaircies » pour le climat économique, Thierry Millon veut garder confiance. Selon lui, « ce dernier trimestre pourrait, à défaut d’inverser la tendance, enrayer l’hémorragie et ouvrir la voie vers l’amélioration attendue pour 2026 ».
Avec AFP






