Entièrement restaurée au XVIIe siècle, la chapelle Saint-Hospice, nichée à Saint-Jean-Cap-Ferrat, est l’un des édifices religieux les plus anciens de la Côte d’Azur. Derrière ses murs, elle dissimule des trésors intrigants.
Son nom proviendrait d’un moine bénédictin, Hospitius, qui vécut en ermite sur la pointe Saint-Hospice, où fut bâtie la chapelle au XIe siècle, sur les vestiges d’un ancien sanctuaire. Cet homme de foi aurait mené une existence d’austérité dans une tour, et plusieurs guérisons miraculeuses lui sont attribuées.
La première trace écrite de l’édifice remonte à 1075. Des siècles plus tard, en 1615, la chapelle est intégrée au cœur d’un fort conçu par Charles-Emmanuel Ier de Savoie, destiné à repousser les assauts ennemis et protéger la région des pillages français.
En 1655, son petit-fils, Charles-Emmanuel II de Savoie, ordonne au gouverneur Balthazar Simeone de reconstruire entièrement l’église. Elle prend alors la forme qu’on lui connaît aujourd’hui, agrandie et embellie d’un autel.
L’histoire de la chapelle est marquée par de nombreux bouleversements : en 1706, Louis XIV fait démanteler le fort, et l’édifice religieux subit de lourds dommages, notamment durant la Révolution française. Restaurée et rouverte au XIXe siècle, elle doit en partie sa renommée actuelle à l’impressionnante statue qui la surplombe depuis 1903.
Offerte en guise de remerciement par un riche négociant en huile d’olive niçois, cette sculpture monumentale représente la Vierge portant l’Enfant Jésus. Réalisée en bronze, elle culmine à 11,4 mètres de hauteur et confère au lieu une silhouette iconique.
Aujourd’hui, la statue trône à l’entrée du domaine, accentuant le caractère unique du site. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1929, la chapelle s’intègre dans un site classé depuis 1932.
Mais ce qui rend cet édifice si singulier, c’est surtout sa décoration. L’intérieur est orné de trente tableaux réalisés par Louis Marchand des Raux, un artiste du XXe siècle qui fréquenta des figures majeures telles que Pablo Picasso et Henri Matisse. Ses œuvres relatent la vie et les miracles de saint Hospice, apportant une dimension artistique captivante à la chapelle.

L’un des éléments les plus marquants reste toutefois un vitrail saisissant, signé du même artiste. D’inspiration cubiste, il évoque indéniablement le style inimitable de Picasso. Il représente trois pêcheurs portant chacun un poisson dans leurs bras, un hommage probable à la population locale, composée en grande partie de marins autrefois venus assister aux offices et se recueillir en ces lieux.
Située au cœur d’un écrin de verdure, sur le sentier longeant la pointe Saint-Hospice, la chapelle se distingue par son architecture sobre, relevée de touches colorées et d’éléments décoratifs remarquables.
À l’extérieur, on remarque le campanile carré qui abrite les cloches, ainsi qu’un portique datant de 1826, servant encore aujourd’hui d’entrée principale. L’édifice a récemment bénéficié d’une restauration menée entre 2021 et 2022 sous l’impulsion de la Fondation du Patrimoine. Il accueille par ailleurs, selon les saisons, diverses expositions et concerts.





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