La direction de la compagnie maritime Corsica Linea appelle à une reprise immédiate de l’activité après plusieurs jours de grève des marins. Le mouvement, entamé lundi pour défendre l’emploi, perturbe fortement les liaisons avec la Corse, l’Algérie et la Tunisie. Malgré une réunion de conciliation, les syndicats se disent insatisfaits et doivent décider de la suite du conflit.
Dans les ports, la tension reste vive et les passagers continuent d’attendre des solutions concrètes. Depuis le début de la semaine, le trafic maritime est largement perturbé, au point de fragiliser l’ensemble des dessertes. Face à cette situation, Corsica Linea hausse le ton et réclame un retour rapide à la normale.
Corsica Linea réclame un retour rapide à la normale
Vendredi, la direction de la compagnie a officiellement appelé « à une reprise immédiate de l’activité ». Dans un communiqué, Corsica Linea rappelle son rôle de délégataire du service public de transport maritime. Elle insiste sur sa mission de continuité territoriale avec la Corse, qu’elle qualifie de service fiable et de qualité.
La compagnie estime ne pas pouvoir accepter « une prolongation déraisonnée de l’atteinte à ces principes ». Elle affirme également vouloir préserver un climat social apaisé. Selon la direction, la reprise du travail est indispensable pour instaurer « un cadre de dialogue social serein et apaisé » avec les organisations syndicales, l’État et les médiateurs désignés.
Une grève lancée pour défendre l’emploi maritime
À l’origine du mouvement, la CGT Marins, qui a lancé la grève lundi afin de « sécuriser les emplois ». Les revendications concernent notamment les salariés de Corsica Linea et de La Méridionale. Les syndicats dénoncent des conditions de concurrence jugées inéquitables dans le secteur maritime.
Les grévistes pointent en particulier « le dumping social » qu’ils attribuent à Corsica Ferries. Cette compagnie, opérant sous pavillon international italien, est accusée de proposer des conditions sociales moins favorables que celles pratiquées sous pavillon français premier registre par Corsica Linea.
De son côté, le ministère italien des Infrastructures et des Transports a appelé « à parvenir rapidement à une solution permettant la reprise complète des activités portuaires », tout en souhaitant éviter « toute action discriminatoire » envers les opérateurs du secteur.
Blocages, déroutages et trafics toujours interrompus
Sur le terrain, les conséquences du mouvement sont bien visibles. Lundi, la CGT Marins a bloqué le navire de croisière MSC Orchestra dans la rade de Marseille. En Corse, la mobilisation s’est traduite par le déroutage de deux navires de Corsica Ferries vers Propriano et L’Île-Rousse, après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia.
Ces actions ont fortement perturbé les liaisons maritimes, notamment celles reliant le continent à l’île. Un porte-parole du Port de Marseille Fos a indiqué à l’AFP « suivre de près le mouvement de grève » et a confirmé que « la desserte vers la Corse est toujours interrompue depuis lundi ».
Une médiation sans issue immédiate
Jeudi matin, une réunion de conciliation means tenue à la préfecture des Bouches-du-Rhône. Elle réunissait les syndicats, dont le SAMMM, le STC La Méridionale et la CGT marins Corsica Linea et La Méridionale, ainsi que les directions des compagnies concernées et un représentant du ministère des Transports.
À l’issue de cette rencontre, les grévistes se sont toutefois déclarés insatisfaits « des propositions faites par l’État et les compagnies ». Aucune avancée majeure n’a permis, à ce stade, de débloquer la situation.
La CGT Marins devait se prononcer vendredi après-midi en assemblée générale sur la poursuite ou non du mouvement. Cette décision est attendue par l’ensemble des acteurs du transport maritime, alors que les usagers restent confrontés à des perturbations persistantes.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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