Le gouvernement entend engager une réflexion sur la manière dont la France accueille les étudiants étrangers. Une volonté affichée mercredi à l’issue du Conseil des ministres, dans un contexte de débat politique tendu autour de l’immigration et au lendemain de la publication des derniers chiffres officiels pour 2025.
Le sujet est sensible, et l’exécutif avance avec prudence. Mercredi, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé devant la presse l’ouverture prochaine d’un travail visant à renforcer la sélectivité des étudiants étrangers accueillis en France. Une réflexion qui sera menée « dans les prochains jours et dans les prochaines semaines » par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Cette démarche s’inscrit, selon la porte-parole, sous l’autorité du Premier ministre et du président de la République. Elle ne préjuge pas, à ce stade, d’un changement immédiat de politique, ni d’une éventuelle baisse du nombre de visas étudiants délivrés. Maud Bregeon a insisté sur la nécessité de ne pas précipiter les interprétations autour de ce dossier.
Pas de décision arrêtée
« Il y a un travail de réflexion qui sera mené dans les prochains jours et dans les prochaines semaines autour de cette question-là », a-t-elle déclaré, appelant à ne pas « tirer de conclusions hâtives » sur un « sujet abrasif ». L’objectif affiché est avant tout d’améliorer « l’efficacité » du système, « notamment dans l’accueil » des étudiants étrangers.
Cette réflexion doit également tenir compte des besoins des universités, sans qu’aucune mesure concrète ne soit pour l’instant annoncée. La porte-parole du gouvernement a souligné la volonté de traiter ce sujet « sans coup de menton, avec lucidité », rappelant qu’il s’inscrit dans un contexte d’évolution notable des flux migratoires.
Des chiffres de l’immigration qui relancent le débat
Ces annonces interviennent au lendemain de la publication des chiffres de l’immigration pour 2025. Des données marquées par une hausse du nombre de titres de séjour délivrés, une baisse des régularisations et un léger recul des demandes d’asile. Des chiffres qui alimentent un débat politique de plus en plus polarisé à l’approche de la présidentielle de l’an prochain.
Selon la Direction générale des étrangers en France, la France a délivré 384.230 premiers titres de séjour l’an dernier, soit une hausse de 11%. Comme l’année précédente, les motifs étudiants restent majoritaires, avec 118.000 titres accordés. Ils sont suivis par les titres à caractère humanitaire, qui ont connu une progression marquée, avec une hausse de 65%.
Dans ce contexte, Maud Bregeon a également évoqué une réflexion à venir sur les « filières économiques prioritaires » en matière d’immigration, sans en préciser les contours. Autant de pistes qui devraient nourrir les discussions gouvernementales dans les semaines à venir.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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